19 oct. 2009

(UN HOMME + UN HOMME)/2 = UN HOMME ?

L'efficience et la compréhension commune ne se construisent pas au travers d'équations

En prolongeant les propos tenus par le mathématicien Nicolas Bouleau sur les limites des mathématiques (voir « Une modélisation est toujours une interprétation ») et en les simplifiant, appliquer les mathématiques aux comportements humains pose plusieurs problèmes :
  1. Ceci présuppose qu'un comportement est « sommable » avec un autre, que « (1 homme + 1 homme) /2 = 1 homme », ce qui est faux : aucune situation n'est identique et on ne peut pas quantifier comment et de combien elle diffère.
  2. Le comportement humain est régi par le jeu des interprétations individuelles et collectives (voir mes articles relatifs à ce thème). Celles-ci ne sont pas fixes, mais fluctuantes. De plus elles sont influencées par les mesures prises. On ne peut pas s'extraire de cette boucle de rétroaction.
  3. Finalement la modélisation est d'abord l'expression de l'interprétation de celui ou de ceux qui la font.
Il ne faut pas en déduire qu'il faut jeter au panier tous les calculs économiques et toutes les modélisations. Simplement, il s'agit de rester conscient de leurs limites et de ne pas les prendre comme des tables de la loi. Nicolas Bouleau termine son article (PCM n°10/2008) en disant : « Il vaut mieux dès maintenant laisser la place à des accords politiques ».

Pour ma part plutôt que de faire référence à la politique, je pense qu'il faut laisser la place à la réflexion et à l'intelligence, individuelle et collective. Il faut trouver et retrouver ce que François Jullien appelle efficience et commun (voir « Le grand général remporte des victoires faciles » et « Notre recherche de l'uniforme : vive l'heure de pointe ») :
Savoir faire le vide et se voir de l'extérieur : comment autrement pourrions-nous faire le tri entre nos interprétations et trouver celles qui s'appuient sur de vrais courants de fonds ?
Repérer les potentiels de situation : Derrière les apparences d'immobilités et de solidité, se cachent les mouvements de demain. Où sont ces barrages, ces retenues d'eau qui vont être les moteurs futurs ?
S'intéresser à ce qui pousse : La vraie croissance n'est pas spectaculaire, mais lente et régulière, aussi le regard est-il attiré par le spectaculaire, et oublie ce qui grandit quotidiennement. Or, on ne peut pas faire pousser plus vite un arbre en lui tirant dessus, on peut simplement l'aider à grandir.
Se confronter dehors et dedans pour construire du collectif : Le commun ne se décrète pas, ni s'impose. Il est le fruit d'une compréhension commune. Celle-ci part de nos différences, de ces écarts qui sont sources d'enrichissement. Cette construction d'une compréhension commune passe par la confrontation (voir mes articles relatifs à ce thème)

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