26 janv. 2010

L’INCERTITUDE DE NOTRE NEUROMONDE : HYPER-CONNEXION, HYPER-DÉPENDANCE ET HYPER-FLOU

Tout est dans tous et réciproquement

Depuis qu'elle est apparue, la vie avance de possibles en possibles, et, plus l'univers s'est développé, plus il s'est complexifié et moins on peut facilement prévoir les évolutions futures : trop d'interactions entre trop de paramètres, trop de phénomènes régis par des lois du chaos et impossibilité de connaître parfaitement les conditions initiales, présence de la vie et de l'auto-organisation, capacité du monde animal à construire des stratégies adaptatives, apparition de l'homme et de son libre-arbitre, …
Dernièrement avec les technologies de l'information, cette hypercomplexité a franchi un nouveau stade : tous connectés, nous sommes tous codépendants. De plus, nous sommes six milliards d'êtes humains et bientôt neuf. 
Dans le même temps, « notre savoir-faire s'adonne, de plus, depuis un temps assez récent, au façonnage des objets-monde. Un satellite, pour la vitesse, une bombe atomique, pour l'énergie, l'Internet, pour l'espace, les résidus nucléaires pour le temps... voilà quatre exemples d'objets-monde. » (Michel Serres, Hominescence). Aussi l'impact de chacun de nous est-il : grâce aux « objets-monde », il suffit de quelques hommes pour agir sur le monde tout entier. 
Résultat, comme l'écrit toujours Michel Serres (cette fois dans le Temps des crises), « nous dépendons enfin des choses qui dépendent de nous. (…) Ladite mondialisation me paraît aujourd'hui au moins autant le résultat de l'activité du Monde que des nôtres. » Qu'est-ce à dire ? Que nous sommes pris dans les mailles de l'effet de nos propres actes, que la boucle d'interaction entre l'action et ce sur quoi on agit devient prépondérante. Témoin les débats actuels sur le climat et le réchauffement de la Terre, l'eau, la pollution, l'énergie…

Conséquence, l'horizon du flou se rapproche et il devient de plus en plus aléatoire de voir précisément au-delà d'un horizon proche. Très vite, nous ne pouvons prévoir que les grandes tendances, et plus les évolutions précises… et encore.
Plutôt que parler d'horizon de flou, je devrais parler de flou progressif : plus je m'écarte du présent, moins je vois clair. A un moment, le flou est tel que je ne perçois plus que les grandes lignes.
Plus rien n'est certain. Au mieux, nous pouvons probabiliser des scénarios d'évolution, mais, le plus souvent, nous ne pouvons que les dessiner. Et de plus en plus, nous sommes dans le flou total : impossible même de dessiner des scenarios d'évolution…

4 commentaires:

Yann a dit…

Bonjour,
Je vois un paradoxe intéressant lié à cette réflexion. Les humains ont inventés les sciences pour comprendre le monde afin de le maitriser, l'apogée de cette idée fut probablement l'illusion mécaniste et déterministe symbolisée par le démon de Laplace.

Ces mêmes sciences (au travers de la mécanique quantiques, les sciences systémiques...) démontrèrent que justement les systèmes complexes ne sont pas déterministes. L'outil a en quelques sorte démontré le contraire de ce pourquoi il a été conçu.

Paradoxalement notre vie quotidienne et nos médias sont encore remplis de cette illusion déterministe que la science pourrait un jour tout expliquer, je pense par exemple aux prévision économiques et autres sciences humaines...

Robert Branche a dit…

Tout à fait ! C'est précisément le propos de la première partie de mon livre à paraître en mai prochain.
La deuxième partie propose une voie pour vivre avec ce paradoxe et arriver à diriger une entreprise (mais cela se transpose facilement à toute organisation) dans l'incertitude

Anonyme a dit…

je suis très sensible à toutes vos considérations car j'ai du me pencher sur un système d'évaluation pour l'étude des publics d'un centre de culture scientifique et en mon for intérieur je reste convaincue qu'il faut d'abord oser mettre en place des moments de rencontre avec les publics plutôt que s'évertuer à anticiper, analyser, monter une usine à gaz d'étude des publics , tout un paradoxe !
votre avis m'interesse ...

Robert Branche a dit…

Effectivement il est mieux quand on peut se lancer directement dans l'action plutôt que de "tirer des plans sur la comète".
Simplement, dans certains cas, on a besoin de cadrages, notamment financiers et techniques, avant de se lancer. C'est par exemple le cas de tous les projets industriels lourds

 
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