10 mars 2010

EN TOUT PARISIEN, IL Y A UN MALADROIT QUI SOMMEILLE

IIl est parfois des voyages en Provence qui se transforment en randonnée neigeuse

7h50 TGV Gare de Lyon : Malgré – ou plus tôt à cause des informations météo –, j'ai décidé de confirmer mon voyage à Grignan. Occasion de le voir enfin nappé de neige.

10h 43 Arrivée à Montélimar : La neige est bien là. Étrange, comme un goût de Bourg Saint Maurice. Pour un peu, je chercherais le funiculaire allant aux Arcs. Mais non, c'est Moldu(*) que je cherche, elle qui m'attend pour m'emmener à Grignan. Retrouvailles après près de trois mois d'absence. Elle est bien là, fidèle et sage. Un arrêt pour des courses au Carrefour, un sandwich version italienne au McDo – et oui il y a maintenant un McDo au parmesan ! -, et me voilà en route pour Grignan.

13h Arrivée à Grignan : La route s'est passée sans problème. La neige n'est qu'un paysage, elle jalonne les côtés, parfois s'aventure sur la chaussée, mais si peu. Elle sait se faire discrète, elle n'est là que pour le plaisir des yeux. J'avance donc confiant. Traversée de Grignan, prise de la route de Taulignan. Montée, virage à droite, et vue alors sur la petite route qui va m'emmener jusqu'aux Tauliers. Un brin d'inquiétude alors : elle n'est vraiment pas dégagée… Mais je reste confiant, croyant à ma bonne étoile.

13h10 La non-arrivée aux Tauliers : Sur la petite route, je conduis un peu nerveusement. Il y a vraiment beaucoup de neige, et rien n'a été dégagé. Me vient alors l'idée que je pourrais avoir un problème et ne pas atteindre la maison. Et bingo ! Quelques instants plus tard, me voilà fiché dans la neige. Impossible d'avancer. La classe A est une voiture sympa, mais ce n'est pas vraiment un 4x4 : je ne m'étais jamais rendu compte jusqu'alors comme elle pouvait être basse. Elle s'était comme encastrée dans la neige. Impossible d'aller plus loin… en voiture.

13h30 La marche à pied : Pas d'autre solution que de finir à pied. Heureusement en partant de Paris, j'avais pris mes après-ski. Pas de problème, il ne restait qu'un kilomètre. Vision étrange. De la neige fraiche partout, aucune trace. Fantasme du skieur accompli : je suis le premier à marquer la neige. Descente vers la maison, bonjour à la truffière figée dans le blanc. La maison est froide, mais pas glaciale - elle est à 10°C environ -. Reste à s'occuper de la voiture qui bloque la route et accessoirement aux courses restées dans le coffre.

De 14h à 18h L'inutile parisien
: Comment quelqu'un – moi en l'occurrence – qui n'a aucune pratique de la neige et de la conduite automobile dans un tel milieu va chercher à libérer une voiture bloquée. Je ne vais pas entrer dans les détails de cette lutte qui, à part mon côté obstiné, n'est pas à verser dans la colonne des combats noblement gagnés. La neige était plus forte que moi. Sachez simplement que j'ai à l'occasion ruiné les tapis de sol amovibles de la voiture en les mettant sous les roues pour essayer de fournir une adhérence qui ne s'est finalement révélée que fictive. Que, pendant que j'étais parti à la recherche d'un secours quelconque en faisant le tour des maisons voisines, une voiture est arrivée manifestement un peu trop vite, et surprise par la présence de la mienne immobilisée en plein milieu, a choisi d'aller s'abandonner dans le champ voisin, plutôt que d'emboutir Moldu. Je le sais, car, quand je suis revenu bredouille, j'ai vu cette voiture abandonnée à proximité. Je me suis senti vaguement coupable, mais plus par incompétence que par malignité.

18h : La délivrance : Alors que depuis une heure, j'avais choisi courageusement d'abandonner l'idée d'aller en avant et m'évertuais d'essayer à reculer, j'entendis un bruit. Une pelle mécanique arrivait. C'est dans ces moments-là que l'on est content de payer des impôts locaux. En effet, c'était un employé municipal qui, consciencieusement, l'une après l'autre, nettoyait les routes de la commune. « Vous auriez dû appeler, je serais venu plus tôt, si j'avais su que vous étiez bloqué ». Quelques minutes plus tard, la voiture arrivait à la maison…

(*) Moldu est le surnom de ma voiture, par déférence à Harry Potter, car , comme pas mal d'entre vous, je ne suis qu'un moldu…

1 commentaire:

Le Blog de Paule Orsoni a dit…

Que vivent les joies de la campagne ,même sous la neige,révélatrices en somme,et qui passent aussi par cette bienveillance dont vous parlez.Le "maladroit parisien" doit sans doute avoir appris des choses ou réappris ,peut-être l'essentiel

 
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