3 mars 2010

HISTOIRES DE FEMMES

De Wisteria Lane à New York

Quatre femmes attablées autour d’une table de salle à manger échangent sur les heurs et malheurs de vie de couple. Quatre autres attablées à la table d’un café font le point sur leurs dernières frasques amoureuses.
La première scène se passe à Fairview, la deuxième à New-York. Les premières sont les héroïnes de Desperate Houseviwes, les autres de Sex and The City.
Étonnant effet de miroir entre les deux séries.
La première se déroule dans le conformisme d’une banlieue américaine. Comme dans un huis clos élargi, on retrouve épisode après épisode, saison après saison, les mêmes couples prisonniers de leurs habitudes et de leurs conventions. Quelques apports externes – un couple qui emménage ou déménage, un meurtre suspecté et inexpliqué,… –  viennent apporter une apparence de diversité, mais ce n’est pas l’essentiel. L’important est dans le jeu sans fin qui les occupe, elles quatre et leurs époux.
La seconde se passe dans la folie de la vie new-yorkaise. Cette fois, tout bouge autour d’elles. Les amants et les aventures défilent dans un carrousel sans fin. Elles se disent à la recherche d’une stabilité qu’elles rejettent dès qu’elle se présente. Prises dans la bourrasque de leur vie et de leur ville, d’une nouvelle paire de chaussures à une nouvelle partie de jambes en l’air, elles courent sans cesse.
Si maintenant on zoome à l’intérieur de ces deux groupes féminins, les différences commencent à se gommer et les frontières deviennent floues : Gabrielle Solis, ancienne mannequin, rêve de shopping et semble être toujours à deux doigts de s’enfuir de Wisteria  Lane pour rejoindre une boutique branchée de New-York. Charlotte York a du mal à suivre le rythme débridé des trois autres, et on la sent pouvoir à tout moment se réfugier dans un pavillon confortable d’une quelconque banlieue bourgeoise.
Et finalement que l’on soit resté immobile dans Wisteria Lane ou que l’on ait couru dans les rues de New York, on finit toujours par rester au même endroit : toutes quatre se retrouvent sans cesse autour de la même table à ressasser les mêmes histoires.

Comme le miroir de ces deux séries, notre monde est fait de contrastes apparents, de proximités cachées, de métissages potentiels et de vaines agitations…

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