27 avr. 2010

NOUS VIBRONS COLLECTIVEMENT D’ÉMOTIONS INSTANTANÉES

"CHAUX" TIME (1)

Nous vivons de plus en plus dans un monde de l'immédiateté et de l'apparence :
- Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire à de multiples reprises, nous sommes dans l'instantanéité et nous avons un rapport maladif avec le temps. Nous avons peur de perdre du temps, alors que le temps est une des rares choses que l'on ne peut pas perdre (voir « Non, vous ne perdez jamais du temps ! »)
- Parallèlement, nous ne prenons plus le temps (eh oui, le temps est là à nouveau…) de réfléchir et de comprendre. Du coup, nous en restons aux apparences et à la surface des phénomènes. Nous ne sommes même plus victimes des modes, nous vivons au travers d'elles et grâce à elles.

Notre société devient ainsi un grand amplificateur des rumeurs, des opinions et des « on dit ». Mais comme nous sommes une société évoluée et sophistiquée, nous nous méfions des idées qui ne sont pas ni « scientifiquement » prouvées, ni « technologiquement » portées.
Mais si un modèle mathématique nous démontre que tel phénomène est en train de se produire, ou même risque de se produire…
Mais si Internet véhicule vers nous la nouvelle nouvelle, l'information brute sans intermédiaire ou le scoop venant de nulle part…


Alors tout le système média-politique s'emballe… et chacun d'entre nous le relaye sans problème.

Auparavant nous ne nous levions que pour faire des holàs dans des stades ; aujourd'hui le monde entier fait des holàs numériques.
Sans réfléchir, nous passons collectivement d'un tsunami thaïlandais à des cendres islandaises, d'une crise des subprimes au dernier incident amoureux de David Beckham. Nous nous émouvons d'un réchauffement climatique potentiellement à venir, tout en laissant mourir de faim ou du sida une partie de l'Afrique…

Je suis assis sur la terrasse de ma maison perdue dans la campagne provençale quand je tape ces lignes. Et j'ai dans les mains encore les traces de cette chaux que je viens d'appliquer au mur Est de mon hangar. 

« Chaux » time…

(à suivre)

2 commentaires:

Le Blog de Paule Orsoni a dit…

Je vous imagine fort bien maniant la chaux et le clavier...rencontre et décloisonnement entre deux mondes .Ce que vous dites sur les "grand-messes"collectives dépasse infiniment l'effet du battement d'ailes du papillon...Cette apparente "émotion" orchestrée fait tout simplement froid dans le dos si on persiste à se faire -encore-une certaine haute idée de l"'homme"...Il s'agit ,en effet de rire et de pleurer TOUS en même temps ...mais surtout pas de comprendre ...pour parodier Spinoza.
Ce qui nous est livré ,clés en mains ,c'est précisément l'absence de clés.
Et dans ce monde où TOUT vaut TOUT sachons préserver l'"Unique et sa propriété"...cette profonde individualité qui s'efface trop souvent sous un collectif effrayant.Merci à Nietzsche également de l'avoir tellement pressenti.Je lis avec beaucoup d'attention ce que vous nous en dites...

Robert Branche a dit…

Nous vivons un monde et un moment étrange, fait de paradoxes et d'apparentes oppositions:
- nous sommes trop proches, trop connectés pour nous ignorer: nous sommes condamnés à vivre ensemble. Ce n'est pas pour cela que chacun doit se dissoudre dans un magma médiatique et dans une bouillie qui ne serait que le plus commun dénominateur de nos histoires,
- le monde est tellement complexe, nous savoirs si sophistiqués, notre science si multiple que plus personne ne peut à lui seul prétendre faire avancer les connaissances, l'homme-orchestre est illusoire. Mais cela doit se faire par la confrontation des différences, par un enrichissement des racines individuelles et non pas dans la recherche de la solution chez l'autre. Le monde ne sera riche que du progrès de chacun mis en commun et en confrontation

 
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