9 juin 2010

LA VIE DÉRIVE DE POSSIBLES EN POSSIBLES

L'évolution procède par bricolages et émergences

Le voyage au sein des « Mers de l'incertitude » amène à des extraits issus de la fin de la première partie.

« L'abeille a-t-elle évolué pour mieux tirer parti de l'existence des fleurs ? Oui, mais les fleurs ont, elles aussi, changé pour mieux attirer ces abeilles essentielles à leur reproduction, et donc à leur survie. Cette co-évolution a rendu fertilisation et alimentation conjointement possibles et les a améliorées. Était-ce la meilleure solution ? On ne sait pas : ensemble, la fleur et l'abeille ont simplement « bricolé » une évolution satisfaisante, qui permettait à l'une et à l'autre d'accroître leurs chances de survie. (…)

Chaque élément de l'univers est soumis à un ensemble de règles et de lois : les lois générales de la matière (comme les quatre lois de base : gravitation, force électromagnétique, forces nucléaire forte et faible), et des règles spécifiques à l'acteur ou l'espèce en question, règles pouvant être innées ou acquises.
Cet ensemble de règles oriente l'évolution en structurant ce champ des possibles : est considérée comme satisfaisante3, toute évolution qui reste dans ce champ des possibles.
Comment est produite l'évolution ? Par un bricolage constant et continu, une dérive de possibles en possibles, un enchaînement plus ou moins rapide de microévolutions. (…)

Aucun objet n'a de sens ni de finalité en soi, le sens et la finalité émergent dans et par la relation avec ce qui l'environne : l'objet reste le même, mais le sens de l'objet et sa fonction sont dépendants de ce qui se trouve face à lui et de l'interaction entre les deux. De ce point de vue, on peut dire que le réel n'existe pas a priori, mais émerge de l'interaction avec ce qui est là.
La mécanique quantique et la relativité ont mis l'accent sur l'interdépendance entre ce que l'on observe et celui qui l'observe. C'est la même idée que l'on retrouve ici.
Telle est la logique de l'émergence : la réalité n'existe pas en tant que telle, elle n'est pas un absolu immuable mais naît de l'interaction entre l'observé et l'observateur. En reprenant la terminologie de Varela, elle « enacte ».
Il ne s'agit plus seulement de co-évolution, mais bien de co-dépendance instantanée : chacun donne un sens à l'autre, chacun est dépendant continûment de l'autre. »
1

(1) Extrait des Mers de l'incertitude p.65 et 66

2 commentaires:

Anonyme a dit…

On pourrait paraphraser de la sorte: "La vie dérive du plus probable au plus probable".
"Un macahon pompe le suc d'une giroflée: c'est une giroflée plus un appétit de papillon; c'est un papillon plus le suc d'une giroflée" (Jacques Bergier et Louis Pawels dans Le Matin des Magiciens").
Cette co-évolution peut-elle être le seul fruit du hasard? Y a-t-il en plan directeur? un Dieu créateur? Ces questions ne dépendent-elles pas de notre position d'observateur contraint par la dimension "temps"?
Notre science-connaissance-conscience d'aujourd'hui nous pousse à changer de paradigme: nous sommes forcés à envisager un saut. Saut tel que ceux observés dans les processus évolutifs.
Mais saut que l'on doit, peut, choisir. Contrainte créatrice, tout un programme!

Richard

Robert Branche a dit…

Le fait que la vie dérive de possible en possible ne présuppose rien quant à la question de Dieu.
Elle indique simplement qu'il ne semble pas y avoir de "big plan" prévoyant tout à l'avance, ce qui n'interdit pas de croire en un Dieu...

 
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