17 nov. 2010

ON N’ÉVALUE PAS LE RISQUE D’UN INVESTISSEMENT AVEC DES TABLEAUX EXCEL DÉNUÉS DE SENS

Pourquoi faut-il évaluer autrement ?

Pourquoi les modalités de l'évaluation de la performance sont-elles essentielles ? Parce qu'elles vont très largement conditionner les décisions de tous, dirigeants y compris :
- Comme c'est à partir de ces évaluations que sont alloués les financements (évolution du cours de bourse, notation des risques, prêt,…) et les primes (augmentation, bonus,…), elles conditionnent l'attribution des ressources collectives et individuelles.
- Comme nous cherchons à être reconnus, être appréciés positivement, et à bien faire, elles agissent sur nos motivations et nos choix.

Aussi, tant que l'on demandera à une entreprise de fournir des prévisions à trois, voire cinq ans, tant que l'on n'acceptera un business plan que s'il comprend un compte d'exploitation prévisionnel détaillé à trois ans, tant que l'on mesurera l'efficacité de la Direction à sa capacité à respecter les prévisions, il sera difficile de changer en profondeur.

Par un effet de propagation, ces tableaux financiers globaux demandés structurent en profondeur l'entreprise : on ne peut pas pousser la porte d'un quelconque bureau sans tomber sur un tableur Excel détaillant un microprojet, ou sans voir un document expliquant en dix pages pourquoi la prévision initiale n'a pas été tenue. Comme le dit un proverbe chinois : « le poisson pourrit par la tête »…

Il est donc indispensable de repenser les méthodes d'évaluation des entreprises et des projets, et de les adapter à au monde de l'incertitude, notre neuromonde : dès qu'on dépasse l'horizon du flou – c'est-à-dire le court terme –, et qu'il s'agit d'évaluer la solidité à long terme d'une entreprise ou la rentabilité d'un projet, il est non seulement illusoire, mais dangereux de croire ces batteries de chiffres et de prévisions.

Ces tableaux de chiffres loin de protéger ceux qui les ont demandés vont les induire en erreur : ils croient qu'ils ont effectivement évalué la viabilité d'un projet ou d'une entreprise, alors qu'ils n'ont devant eux que des données sans réelles significations et qu'ils ont poussé l'entreprise dans la mauvaise direction.

Aussi je pose une question « simple » : pourquoi tous les organismes continuent-ils à fonder leur évaluation du risque sur des tableaux dénués de sens et sur des prévisions qui n'en sont pas ? Ne serait-il pas temps de changer d'approche, et d'amorcer cette nécessaire refonte de l'évaluation ?

Extrait des Mers de l'incertitude

1 commentaire:

Vincent 1er Jedi a dit…

Salut,

1. Aussi je pose une question simple : pourquoi des guillemets ( à simple ) ?

2. Sinon, pourquoi continuent-ils ( tous les organismes ) ... ?
Ma réponse : l'Habitus
Tant qu'ils n'auront pas , en tout cas les plus rigides d'entre eux ( entreprises, états, cosmes divers ), compris le changement,la mutation,.. tant que leur éducation, croyance.. les feront continuer comme avant, ou recommencer comme avant
( dans le cas d'une chute ), ou reprendre leurs anciennes habitudes, même après une et souvent plusieurs rechutes ( ces organismes sont des hommes comme tout le monde ), se trouvera une mer démontée pour leur signifier la vacuité d'un modèlomonde périmé.
Ceux qui s'en sortent vraiment le mieux - ou le moins mal dans le cas de la condition organico-humaine - naviguent à vue dans les délices et les affres d'une rénovation stellaire, fondamentalement bienfaitrice à l'échelle.

L'Habitus est tenace. Il y aura encore de la friture sur les lignes, pas toutes. Certaines coulent ou couleront. D'autres muent ou mueront. D'autres encore ont déjà recomposé leur organe en se fractalisant par exemple, se dégroupant pour renaître enfin, etc.


Elles auraient beaucoup à apprendre du social, en particulier de sa composante improprement qualifiée d'assistée ( pégoratif médiatiquement, solidarisée serait plus juste ), ainsi que de divers ban-lieux ou mafias, quoique seul le premier cas nous intéresse, en ce que les référentiels sont par évidence plus appropriés.

Du point de vue social solidarisé, il s'agit plus d'inclusion que d'intégration, mais là n'est pas le sujet.


Si un business plan suivait même partiellement les aptitudes, les mâchicoulis, les qualités fondées sur les mises en réseau multiples, les pulsions nécessaires ( d'entraide et ) de compréhension inhérentes à cette frange du social, il prendrait le bon chemin.

Du point de vue social solidarisé, il s'agit plus d'inclusion que d'intégration, mais là n'est pas le sujet.

Les lignes sans ou avec peu de fritures sont des courbes, des arcs, des ellipses, quelques fois de lignes, des gones.

Mais va-t-on une fois aimer ne pas savoir ?

 
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