5 juil. 2012

COMMENT PEUT-ON AVOIR UN AVIS SUR LA FIABILITÉ DE SES CONNAISSANCES ?

Je ne sais plus, mais je sais que je savais… (Neurosciences 12)
Stanislas Dehaene commence son cours 2011 sur l’introspection et la métacognition, aussi sous-titré, les mécanismes de la connaissance du soi, par deux citations :
-        La première est d’André Gide : « Je m'échappe sans cesse et ne comprends pas bien, lorsque je me regarde agir, que celui que je vois agir soit le même que celui qui regarde, et qui s’étonne, et doute qu’il puisse être acteur et contemplateur à la fois. » (1)
-    La seconde de Vladimir Nabokov : « Être conscient d’être conscient d’être… Si je sais non seulement que je suis, mais également que je sais que je le sais, alors j’appartiens à l’espèce humaine. Tout le reste en découle. » (2)
Comment fonctionnent ces boucles rétroactives de la connaissance sur soi-même, comment sommes-nous conscients d’être conscients ? Comment pouvons-nous avoir une représentation de nous-mêmes ? Tels sont les questions auxquelles il va s’atteler dans ce cours.
S’il est une partie des cours de Stanislas Dehaene qui interpelle fortement le mode de management des entreprises, c’est bien celle-là. En effet les problématiques de l’évaluation et du pilotage sont évidemment clés dans les entreprises. Comme vous allez le voir dans les articles à venir, les analyses et les études de Stanislas Dehaene apportent  des éclairages très intéressants…
Il commence par une double remarque :
-        Souvent nous ne pouvons pas nous souvenir d‘une réponse, mais nous savons que nous la connaissons ; nous disons alors que nous l’avons sur le bout de la langue. Mais comment diable savons que nous savons, alors que nous ne savons pas ? Étrange, non ? Aurions-nous une capacité d’autoévaluation de ce qui est accessible quelque part en nous, et que nous ne retrouvons plus. Un peu comme si nous étions face à une armoire fermée, dans laquelle se trouve ce que l’on cherche, mais dont nous aurions perdu la clé…
-        Si on me demande « Avez-vous déjà dansé avec telle actrice célèbre, par exemple Fanny Ardant ? », je vais répondre très facilement, car je sais que si j‘avais déjà dansé avec elle, je m’en souviendrais. Si maintenant, on me demande « Avez-vous déjà dansé avec une personne dont le prénom commençait par "Fa" », je vais être moins affirmatif, car je sais que je pourrais avoir oublié…
Au travers de ces deux exemples, on perçoit que non seulement nous avons un certain niveau de connaissance, mais aussi un degré de confiance sur ce niveau de connaissance : quand nous ne savons pas, nous savons que nous pourrions ; quand nous pensons savoir, nous avons une opinion sur la solidité de ce savoir.
Ce dernier point est majeur pour fiabiliser les processus de décision dans les entreprises : combien d’erreurs n’ont-elles pas été faites sur la base de croyances qui se sont révélées fausses ! Serait-il possible de se servir des travaux des neurosciences pour lutter contre ce risque ?
(à suivre)
(1) Les faux-monnayeurs, Le journal d’Édouard
(2) Strong Opinions

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