3 juil. 2012

LA COMPÉTITION POUR SE FAIRE ENTENDRE DANS L’ESPACE DE TRAVAIL GLOBAL

Pas facile de passer de non-conscient à conscient (Neurosciences 10)
On a donc d’un côté l’accès à la conscience qui, grâce à un espace de travail global, peut maintenir pendant une certaine période de temps un état métastable, et qui peut distribuer son information dans tout le cortex, le tout dans un processus lent et complexe de boucles à la fois entrantes et descendantes, de l’autre les processus non conscients qui, comme on l'a vu dans les articles précédents, sont ultra-rapides, massivement parallèles, mais évanescents et incapables de se fixer un but par eux-mêmes. Comment les deux échangent-ils ?
En fait la distinction que je viens de faire est incorrecte, car si elle ne tient pas compte du fait que les deux processus sont entremêlés, et que le même processeur peut être sollicité aussi bien par des traitements conscients que non-conscients.
Quelle est alors l’articulation entre les deux et comment un traitement pourrait-il devenir conscient ?
Pour comprendre cela, il faut distinguer trois situations :
  • Le traitement subliminal : la force du stimulus est trop faible pour accéder à la conscience, c’est-à-dire pour franchir ce qui est appelé « le seuil d’ignition », ce seuil nécessaire pour irradier l’espace de travail global.
  • Le traitement préconscient : la force est cette fois suffisante, mais elle entre en compétition avec d’autres stimuli et reste « aux portes » de l’espace de travail global. Celui-ci ne peut en effet traiter qu’un seul stimuli à la fois, rançon de la sophistication des traitements conscients.
  • Le traitement conscient : la force a été suffisante et l’espace central était disponible, ou ce qui l'occupait a été "éjecté". L’ignition globale a alors lieu.
Cette explication présente aussi dans le livre de Lionel Naccache, Le Nouvel Inconscient, m’avait inspiré des développements dans Neuromanagement, sur les relations entre ce que traitait la Direction Générale – qui, d’une certaine façon, peut être assimilée à une espace de travail central – et le reste de l’entreprise.
En effet la Direction Générale a elle aussi une capacité à agir dans toute l’entreprise, mais ne peut réellement traiter qu’un sujet à la fois, ou du moins un tout petit nombre au regard de tout ce qui advient dans l’entreprise. 
Se pose alors la question de l’accès de tous ces autres sujets à la Direction Générale, et on va retrouver la même typologie :
  •  les sujets trop volatils et qui n’ont donc pas le temps d’être pris en compte,
  •  les sujets suffisamment importants, mais non pris en compte par manque de disponibilités,
  • les sujets traités.
Revenons au cours de Stanislas Dehaene.
Peut-on déduire de cette présentation que ce que nous ressentons et la façon dont nous réagissons est identique ?
(à suivre)

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