1 oct. 2012

COMMENT ÊTRE ÉGAUX TOUT EN ÉTANT DIFFÉRENTS

Vers une humanité d’amis solitaires ? (Démocratie 4)
Comment penser donc l’égalité dans un monde de la singularité ?
Pierre Rosanvallon distingue d’abord individuation, individualisation et singularisation :
- Individuation : le processus par lequel un enfant devient un individu, et qui distingue le soi du non-soi,
- Individualisation : les processus juridique (l’individu comme sujet de droit), politique (l’individu comme base de la souveraineté) et économique-sociologique (l’individu comme sujet économique) qui relie l’individu et l’ordre social
- Singularisation : les processus psychologique et sociologique de soi par rapport aux autres.
Ce dernier est un processus relatif, alors que ceux de l’individualisation sont absolus : la singularisation est relationnelle.
Il propose ensuite trois modèles de référence pour penser l’égalité et la singularité :
- Le rapport d’amitié : c’est un sentiment de similarité forte et voulue, et une égalité non arithmétique et non économique. Il y a une compensation affective des différences, liée à un rapport de confiance.
- Le rapport d’humanité : c’est se reconnaître membre d’une même humanité. Dans ce cas, la différence peut être maximale et le sentiment d’égalité y est faible, car on appartient seulement à la même espèce. Seuls les extrêmes sont interdits : la mort de faim, l’extermination, l’humiliation, …
- Le rapport de communauté des solitaires : c’est la revendication de la solitude, comme dans l’essai de l’Émile de Rousseau. Nous sommes infiniment singuliers, infiniment égaux.
Il s’agit alors pour progresser vers plus d’égalité de :
-  Se mettre à distance de l’égalité abstraite, car c’est elle qui nie la possibilité de singularité, et de l’égalité comme qualité sociale, car le propre de l’être singulier ne peut être pensé comme partie d’un tout, il existe toujours dans la relation et la confrontation.
- Prendre en compte les nouvelles conditions économiques : les inégalités ont changé de nature dans notre monde, car la dispersion est au sein de chaque profession et non plus entre catégories. Elles sont à la fois mieux acceptées car on n’est pas enfermé dans sa condition, mais moins bien car on est perturbé dans sa représentation de soi liée à la personnalisation.
Apparaissent alors trois croyances clés : le mérite, le hasard et la responsabilité…
(à suivre)

3 commentaires:

Pierre Ratcliffe a dit…

Sur ce sujet qui me passionne comme vous, je suggère de lire "Human Action" opus major de Ludwig von Mises: je donne ci-après l'ouvrage en ebook lisible sur kindle, télécharger Kindle reader PC ou Mac (Amazon); c'est super!

http://pratclif.com/ebooks/Human Action_ Scholar's Edition (LvMI)_B0022NHOL6.azw

Cordialement

Robert Branche a dit…

Merci pour ce commentaire et cette information. Je vais télécharger ce document, d'autant plus que j'ai un kindle...

Robert Branche a dit…

Merci de redonner le lien car celui-ci ne fonctionne pas.

 
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