18 déc. 2012

VIVE LA « COLLE SOCIALE » !

Les tribus animales (2)
Quelle est donc cette « colle sociale » qui naît avec le monde animal ?
Voilà les individus qui n’échangent plus des composants chimiques, mais de l’information. Ou plus exactement si l’échange se fait encore souvent via des substances chimiques (Comme les phéromones dans le cas des fourmis), ce ne sont pas elles en tant que telles qui relient les individus, mais les informations qu’elles véhiculent. Mais la transmission peut aussi se faire par la vue comme pour la danse des abeilles, par l’ouïe pour les oiseaux… Ce sont progressivement les cinq sens qui sont mobilisés et construisent un langage qui soude le groupe : la poupée devient tribu, l’individu fait société.
C’est bien à un nouveau type d’assemblage que nous avons affaire : un assemblage social. Des êtres vivants, tout en gardant une individualité propre se caractérisant notamment par leur morphologie et leurs capacités cognitives propres, font société, et donne naissance à une nouvelle entité, le groupe ou la tribu, qui est dotée de propriétés nouvelles et émergentes. Chaque animal est physiquement autonome, libre de ses mouvements, et socialement dépendant.
Notons que si un échange d’informations existe aussi au sein des cellules végétales et entre elles, il permet seulement à une plante de réagir à son environnement et de s’y adapter, mais il ne soude pas les cellules entre elles. Grâce à la reproduction, chaque plante est aussi le plus souvent voisine de ses alter ego : les coquelicots dessinent des vagues rouges au printemps, les champignons poussent en grappe, les jeunes chênes grandissent à l’ombre de leurs aînés. Ensemble, tous les végétaux élaborent des écosystèmes qui favorisent leur croissance, mais aucune nouvelle propriété n’émerge de ces regroupements : une chênaie n’est jamais qu’un ensemble de chênes, et un groupe de champignons, une poêlée potentielle, et rien de plus …
L’animal, lui, quand il se regroupe, acquiert des propriétés nouvelles. Les fourmilières et les ruches en sont des exemples les plus frappants. On peut même affirmer que, si la fourmi est petite, la fourmilière est grande : le record en terme de taille semble être détenu par la Formica yessensis, une espèce de fourmi des bois, qui a construit une colonie de 45 000 nids sur 1 250 hectares à Hokkaido, abritant plus d’un million de reines et 306 millions d’ouvrières. 
Mais, la taille n’est pas le plus important, c’est l’apparition de nouvelles capacités qui l’est, ce grâce à une répartition des rôles ou à une action collective…
(à suivre)

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