27 mai 2014

LA LOGIQUE DES COOPÉRATIONS INFORMATIONNELLES

Big Data (5)
La logique des Big Data est de faire émerger une intelligence collective à partir de données qui, prises isolément, n’en auraient pas : grâce à des logiciels ad-hoc, savoir les associer, les lire pour en extraire l’information pertinente, et faire émerger une réponse pertinente.
Je ne peux pas ne pas faire un lien avec la logique des ruches et des fourmilières : prises isolément chaque fourmi ou chaque abeille sont faibles et incapables à faire face aux défis de sa vie quotidienne. C’est grâce à la colle sociale, qu’émerge une puissance collective capable d’apporter des réponses étonnantes :
- Les fourmis de feu savent construire des radeaux vivants qui leur permettent de survivre aux inondations (voir Les fourmis de feu sont sauvées par des radeaux qui les dépassent )
- D’autres ont inventé l’agriculture (voir La fourmi est petite, mais la fourmilière est grande )
- Les abeilles peuvent trouver le meilleur emplacement pour une nouvelle ruche (voir L’agora est dans le ciel! )
Dans Les radeaux de feu, en conclusion de la partie consacrée aux tribus animales, j’écrivais :
« Il est frappant de constater que, tout au long de l’évolution du monde, de nouvelles matriochkas se tissent sans cesse. En parallèle de la loi de l’accélération de l’accroissement de l’incertitude, aurait-on une deuxième qui serait celle de l’accélération de l’accroissement des coopérations ? D’abord des coopérations physiques, puis chimiques, et maintenant informationnelles. Et au sein des coopérations informationnelles, d’abord basiques via des substances chimiques, puis de plus en plus complexes avec les langages et les neurones-miroir. Ces coopérations ne sont pas seulement à l’intérieur d’une espèce donnée, mais aussi entre espèces différentes, donnant alors naissance à des développements symbiotiques comme des végétaux entre eux, ou encore des fourmis avec des arbres ou des champignons, des abeilles avec des fleurs, ou des espèces animales entre elles. »
Avec le Big Data, serions-nous au début d’une nouvelle coopération informationnelle, dans lequel le vivant aurait pour seul rôle d’avoir construit les machines et écrit le programme ?

(à suivre)

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Une simple remarque. Le big data ne fait pas naître "une intelligence collective à partir de données qui, prises isolément, n'en auraient pas", mais il fait naître une compréhension nouvelle à partir de données et d'une intelligence qui est capable de les exploiter correctement.
Le big data demeure un amas de données sans lien entre elles, l'intelligence qui les relie et les ordonne fait tout.

Robert Branche a dit…

Certes vous avez raison ma rédaction est insuffisamment précise. J'aurais dû écrire le Big Data permettait la naissance...

Anonyme a dit…

Merci de votre réponse.
En relisant l'ensemble de vos billets parus à ce jour sur ce sujet, je ne peux m'empêcher de penser qu'une des menaces du big data, outre celles relatives à la vie privée (cf. mon blog http://www.informatiques-orphelines.fr) est de considérer chacun non comme une personne humaine, mais comme un simple sous-ensemble d'un grand tout, seul digne d'intérêt : "prises isolément chaque fourmi ou chaque abeille sont faibles et incapables à faire face aux défis de sa vie quotidienne. C’est grâce à la colle sociale, qu’émerge une puissance collective capable d’apporter des réponses étonnantes."
Oui, mais l'homme en tant qu'individu est capable de faire bien plus de choses isolément qu'une simple fourmi ou qu'une simple abeille.
Or le big data a tendance à le faire oublier.

Robert Branche a dit…

Tout à fait je partage votre questionnement. Le défi du Neuromonde - ce monde fait de connexions dont le Big Data est un des composantes - est de voir émerger de nouvelles propriétés collectives, tout en préservant l'individu.
C'est un défi qui n'est pas gagné...

 
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