18 avr. 2016

BIENVENUE DANS LE MONDE DES INÉGALITÉS EN TERME DE RICHESSES

The Great escape – patchwork (3)
Après l’espérance de vie, qu’en est-il de la répartition des richesses ? Pour cela, commençons par un zoom au sein des États-Unis.
Sans entrer dans le détail, l’idée essentielle à retenir est qu’après une période allant jusqu’aux années 1980 où les inégalités se sont fortement réduites, elles croissent à nouveau. Ceci s’observe aussi bien par l’évolution de la part des hauts revenus que l’évolution de la pauvreté. La baisse de cette dernière s’est arrêtée à partir des années 70, et les écarts semblent maintenant stabilisés.
Ce retour des inégalités s’est aussi accompagné d’une profonde transformation du type de bénéficiaire : « Non seulement il y a eu des mouvements majeurs pour les hauts revenus, mais les bénéficiaires ont aussi changé. Dans les premières années, les hauts revenus venaient du capital, et les personnes les plus riches étaient ce que Piketty et Saez appellent des "coupon clippers" (= rois des coupons) qui percevaient pour l’essentiel des dividendes et des intérêts. Les fortunes correspondantes se sont érodées au fil des ans à cause de l’accroissement progressif des salaires et des impôts. Ceux qui vivaient de leurs fortunes ont été remplacés par les PDG de grandes entreprises, les banquiers de Wall Street ou les gestionnaires de fonds, qui perçoivent des salaires, des bonus et des stock options. »
Le lien entre ces niveaux de rémunérations et les performances réelles pose question : 
« Est qu’un riche s’enrichit aux dépens de tous les autres, ou parce qu’étant plus éduqué et talentueux, il est plus productif, par exemple en inventant une nouvelle façon de faire les choses plus efficace, ce pour le bénéfice de tous ? »
« Une étude monde que les dirigeants des groupes pétroliers sont mieux payés quand le prix du pétrole est élevé, suggérant que des bonus leur sont payés parce que l’argent est là et non pas parce que les bénéficiaires l’ont mérité »
« Le phénomène de "causalité cumulative" entre argent et politique est très peu documenté, bien que les spécialistes politiques et les économistes ont commencé à s’y intéresser. Nous manquons actuellement de notions précises sur l’importance des ses conséquences variées : quelle part de l’accroissement des hauts revenus due au lobbying et aux autres activités politiques, quelle fraction attribuée à cause de la productivité élevée des top managers, et jusqu’où l’activité politique provient d’intérêts opposés aux autres, notamment les syndicats qui sont aussi représentés à Washington. »
« Parmi les pays conquis par les puissances européennes, les pays qui étaient riches sont maintenant pauvres, et ceux qui étaient pauvres sont maintenant riches. De tels retournements de fortune devraient nous mettre en garde contre la croyance que la prospérité moderne et la croissance économique sont garanties comme quelque chose que nous avons toujours connu et qui ne disparaitront jamais. »
« Des économistes estiment que la croissance économique parle surtout de produire plus de biens – plus de maisons, plus de jupes et de chemises, plus de tables et de chaises – alors qu’aujourd’hui, c’est surtout en produire de meilleurs. Mais mesurer « le meilleur » est beaucoup plus difficile que mesurer « le plus », aussi, il est a minima possible que les statisticiens passent à côté de plus en plus de la réalité des temps présents. »
Qu’en est-il maintenant au plan mondial ?
On constate une résorption forte de la pauvreté, tirée essentiellement par la Chine et l’Inde. Par contre l’Afrique sub-saharienne reste à l’écart de cette convergence.
Ceci se confirme quand on observe la convergence du PIB par habitant des 24 pays les plus riches, alors qu’il n’y a rien de tel au sein de tous les pays. 
La convergence exclut une bonne partie du monde : « Les moyennes ne sont pas une consolation pour ceux qui sont laissés derrière. (…) Quelques pays ont été capables de saisir les opportunités pour combler leur retard. (…) Dans le même temps, d’autre sont plus pauvres en 2010 que 50 ans plus tôt. »
Et attention toute relation simpliste entre croissance démographique et pauvreté : 
« Il peut sembler évident que si la nourriture du monde et des autres biens sont partagés entre plus de monde, cela en fera moins pour chacun, (…) La question de l’appauvrissement par la quantité n’est pas une question d’arithmétique ; c’est une question de savoir combien chaque nouvelle personne ajoute, pas seulement ce qu’elle coûte. Peut-être le récit le plus simple est que chaque bouche vient avec une paire de bras : trop simple pour être certain, mais une meilleure approximation de la vérité que celui où une nouvelle personne n’apporte rien. (…) En dépit des prophéties de catastrophes, l’explosion de la population n’a pas plongé le monde dans la famine et la déinstégration. Au contraire, les cinquante dernières années ont vu non seulement décroître la mortalité à cause de cette explosion, mais aussi une sortie massive de la pauvreté et de la privation que l’explosion de la population était supposée créer. (…) Les nouvelles idées qui viennent de certains de ces nouveaux cerveaux sont bons non seulement pour leurs propriétaires mais pour toute l’humanité. »
« Les enfants qui seraient morts autrefois n’ont plus "besoin" de naître, évitant à leurs mères la corvée et les dangers d’autres grossesses et aux parents la souffrance de leurs morts. (…) Ils sont libres de poursuivre d’autres activités, comme l’éducation et le travail en dehors de la maison. Ils ont aussi plus de ressources et de temps à consacrer pour la formation et le développement de chaque enfant qui a survécu. »
(à suivre)

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