1 juil. 2014

ATTENTION AUX EXTRAPOLATIONS RAPIDES…

Le capital du XXIe siècle (13) – Rentabilité du capital6
Que retenir de cette promenade au sein de l’évolution du capital ?
En premier, et surtout, cette transformation de la structure du capital – l’immobilier à la place des terres agricoles, des échanges internationaux développés mais équilibrés –, et la reconstruction du capital depuis les années 50 qui se retrouve à nouveau représentant 6 années de revenus.
Par contre, – et je ne suis pas le seul ! –, je reste sceptique sur tout approche trop mathématique et simplificatrice des évolutions. D’ailleurs Thomas Piketty lui-même nous alertait là-dessus (voir « Un économiste qui se méfie des mathématiques »). Il me donne l’impression de tomber parfois lui-même dans ce piège… Notamment son application de la formule β = s/ g me semble trop systématique.
De même son affirmation que la rentabilité du capital ne peut pas descendre en-dessous des 3-4% constaté actuellement, ne me convainc pas… mais peut-être ai-je tort !
Ce n’est pas parce qu’un phénomène a été observé dans le passé, qu’il doit continuer nécessairement à perdurer.
Notamment la globalisation des échanges et la convergence mondiale progressive des niveaux de vie moyens changent la donne : il va être de plus en plus difficile de trouver des opportunités de placement dégageant de telles rentabilités, surtout quand la croissance mondiale baisse.
Et quand des ruptures technologiques surgissent, certes elles ouvrent de nouvelles opportunités pour la rentabilité du capital, mais symétriquement elles détruisent la valeur d’anciens placements. Alors…
Donc en résumé, la solidité de sa réflexion prospective sur le rapport capital et revenu est moins forte que celle sur la croissance (cf. mes articles précédents), et que celle sur les inégalités que nous allons aborder maintenant.
(à suivre)

30 juin 2014

LE POIDS DU CAPITAL MONTE QUAND LA CROISSANCE BAISSE

Le capital du XXIe siècle (12) – Rentabilité du capital5
Comment relier le rapport entre capital/revenu et la croissance d’un pays ? Thomas Piketty apporte une réponse simple : avec le taux d’épargne. Si un pays a un taux de croissance constamment égal à 2% et un taux d’épargne à 10%, alors à long terme, le pays aura accumulé 5 années de revenu :
« Dans le long terme, le rapport capital/revenu β est relié de façon simple et transparente au taux d’épargne s du pays considéré et au taux de croissance g de son revenu national, à travers la formule suivante : β = s/g. »
Cette formule n’a pas qu’un intérêt mathématique, car ce qu’elle exprime une réalité essentielle :
« Un pays qui épargne beaucoup et qui croît lentement accumule dans le long terme un énorme stock de capital – ce qui en retour peut avoir des conséquences considérables sur la structure sociale et la répartition des richesses dans le pays en question. »
Une précision : quand Thomas Piketty parle d’un accroissement du stock de capital, il parle en fait d’accumulation relative, c’est-à-dire qu’au fil des années, le capital accumulé représente un très grand nombre d’années de revenu.
Une fois ceci posé, il prend appui sur cette relation pour expliquer l’accroissement du capital privé dans nos pays depuis les années 1970. Selon lui, la première raison de cet accroissement est le ralentissement de la croissance, notamment démographique, qui, couplé avec le maintien d’une épargne élevée, conduirait mécaniquement à cette hausse. Les deux autres facteurs – mouvement de privatisation et rattrapage des prix des actifs immobiliers et boursiers – seraient réels, mais moins importants.
Il résume ceci dans une formule : « Dans des sociétés stagnantes, les patrimoines issus du passé prennent naturellement une importance considérable. »
(à suivre)

27 juin 2014

ENTRE EUX ET MOI

Assis et debout
Assis sur le sol, ils me font face. Debout, je suis celui qu'ils ne voient pas
Entre eux et moi, ce qu’ils proposent aux passants.
Quelques poissons pour celui-ci, des carottes ou des tomates pour ces autres, des couleurs pour le quatrième.
Entre eux et moi, ce qui m’écarte d’eux.
Les kilomètres des mers et des ciels que j’ai franchis pour me retrouver ici, fictivement proches, mais culturellement si loin.
Entre eux et moi, ce regard qu’ils portent sur moi.
Pas de jugement dans les yeux, juste un étonnement, une distance ou une indifférence.
Entre eux et moi, le fait que je ne suis que de passage.
Assis sur le sol, ils sont ancrés, physiquement intégrés dans ce qui n’est pas pour eux un paysage, mais leur pays.
Debout, je suis mobile, physiquement instable dans ce qui n’est pour moi qu’un décor, et non pas mon pays.
(Photos prises en Inde à Calcutta, Puri, Darjeeling)

26 juin 2014

DANS LE PASSÉ, L’ÉTAT FRANÇAIS A APURÉ SES DETTES SANS LES PAYER

Le capital du XXIe siècle (11) – Rentabilité du capital4
Que dire de l’évolution de la richesse publique en France ?
Globalement depuis 1700, elle est restée voisine de zéro. Seule exception : 1950, où le capital public net approche la valeur des revenus annuels.
Pour comprendre cette situation, il faut distinguer les actifs et les dettes publiques, et analyser leur évolution.
Cette fois la photographie est complètement différente.
On constate d’abord deux moments où les dettes publiques baissent rapidement : lors de la Révolution de 1789, et à la suite des deux guerres mondiales. C’est d’ailleurs cette chute en 1920 et 1950 qui conduit à un pic relatif de l’actif net public.
Comme l’indique Thomas Piketty, c’est à cause de la banqueroute des deux tiers de 1797, et de l’inflation à partir de 1913 que c’est fait cet apurement de la dette publique, et avec pour conséquence l’appauvrissement des particuliers qui avaient souscrit des rentes d’État :
« Au XXe siècle, la dette a été noyée dans l’inflation et repayée en monnaie de singe, et a de facto permis de faire financer les déficits par ceux qui avaient prêté leur patrimoine à l’État, sans avoir à augmenter les impôts d’autant. (…) La France a connu entre 1913 et 1950 un taux d’inflation moyen de plus de 13 % par an, soit une multiplication des prix par cent. (…) En 1950, le pouvoir d’achat de ces rentes a été divisé par cent, si bien que les rentiers de 1913 et leurs descendants ne possèdent presque plus rien. (…)
En particulier, les énormes déficits de la Libération ont été presque immédiatement annulés par une inflation supérieure à 50 % par an pendant quatre années consécutives, de 1945 à 1948, dans une atmosphère politique survoltée. C’est en quelque sorte l’équivalent de la banqueroute des deux tiers de 1797. »
Que dire maintenant des quarante dernières années ? Une remarque simple : la montée conjointe, régulière et parallèle des dettes publiques et des actifs publics, avec un léger excès des actifs sur les dettes.
Est-ce à dire qu’en 2010, la part du capital public serait devenue très importante en France ?
Non, en terme d’actif, car dans le même temps, les actifs privés ont cru beaucoup plus rapidement : en 2010, les actifs privés représentent plus de 4 fois ceux publics.
Oui en terme de dettes : en 2010, les dettes publiques une fois et demi les dettes privées, et sont supérieures à une année de revenu national.
Sans vouloir ici rentrer dans le détail, Thomas Piketty montre que cette situation française se retrouve pour l’essentiel tant en Allemagne qu’en Angleterre.
(à suivre)

25 juin 2014

L’IMMOBILIER AU LIEU DE L’AGRICULTURE

Le capital du XXIe siècle (10) – Rentabilité du capital3
Après les actifs étrangers, l'immobilier.
Un autre graphique est intéressant, celui qui montre la progression de la part des loyers dans le revenu national en France : ils ne représentaient que 2% en 1950, contre 10% en 2010.
Chaque Français travaille de plus en plus pour payer son loyer, ou pour posséder son appartement.
Ceci vient d’être confirmé par les statistiques que l’INSEE a publié sur la consommation des ménages : en 2013, les dépenses de logement représentent plus de 20% de la consommation effective des ménages, contre 18% 10 ans plus tôt. Si l’on ramène cela aux dépenses de consommation des ménages (c’est-à-dire en excluant les dépenses de consommation au service des ménages comme la santé, l’éducation ou l’action sociale), elles représentent 27% en 2013 contre 24 % en 2003.
Bien sûr derrière ces évolutions moyennes, se cachent de très grandes dispersions, tant quant à la taille du capital détenu, que sa composition. Thomas Piketty consacre plus de la moitié de son livre à cette analyse, j’y reviendrai dans la troisième partie.
Pour l’instant, continuons à mieux comprendre comment globalement le capital se structure en France, et dans le reste du monde.
Que dire de la répartition entre capital public et capital privé ?

(à suivre)

24 juin 2014

NOUS SOMMES POSSÉDÉS AUTANT QUE NOUS POSSÉDONS

Le capital du XXIe siècle (9) – Rentabilité du capital2
On se retrouve ainsi dans un pays où le poids du capital a sensiblement retrouvé celui de la Belle époque, mais s'est profondément transformé : l'immobilier a remplacé l'agricole, les actifs étrangers nets ont disparu. Cette évolution est exactement la même en Grande Bretagne.
Arrêtons-nous avant de continuer sur ces deux transformations majeures.
D'abord l'effondrement des actifs étrangers nets.
Ne nous trompons pas d'interprétation : cela ne signifie pas que les Français ne détiennent plus d'actifs étrangers, mais que la valeur de leurs avoirs s'équilibre avec celle de ce que les étrangers détiennent en France. La France n'appartient pas plus au reste du monde qu'elle ne le possède. Alors que tel n'était pas le cas avant la guerre de 14.
Les participations croisées internationales sont beaucoup plus importantes dans les pays européens comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni (entre un quart et la moitié des actifs domestiques sont détenus par d’autres pays) qu’aux États-Unis ou au Japon (la part est de l’ordre d’un dixième).
Comme l’indique Thomas Piketty : « Cela accroît le sentiment de dépossession, notamment en Europe, parfois de façon excessive (on oublie vite que si les sociétés nationales et la dette publique sont en grande partie détenues par le reste du monde, on détient des actifs équivalents à l’étranger au travers de contrats d’assurance vie et de multiples produits financiers), mais en partie pour de bonnes raisons. »
Une forme de « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » international… mais qui a tendance à ne pas faire rire le grand public.

(à suivre)

23 juin 2014

TROIS SIÈCLES DE TRANSFORMATION DU CAPITAL


Le capital du XXIe siècle (8) – Rentabilité du capital1
Après cette promenade au pays de la croissance, guidée par Thomas Piketty, amorçons celle au pays du capital toujours en sa compagnie.
Quelques ordres de grandeur pour commencer :
- Dans les pays développés, le capital total représente cinq à six années de revenus, et il n’est composé presque que de capital privé (car les dettes publiques sont sensiblement de l’ordre des actifs publics) : en 2010, le patrimoine net est de 150 à 200 000 € par habitant pour un revenu de 30 à 35 000 €.
- Ce patrimoine est en 2010 en moyenne composé pour moitié d’actifs immobiliers, pour moitié d’actifs financiers (actions, obligations, placements financiers)
Si l'on observe en France l'évolution depuis 1700 - intérêà nouveau de raisonner sur des séries longues - du rapport entre la valeur du capital et celle du revenu national, que voit-on ?
Première temps, de 1700 à 1910, la stabilité globale autour du multiple de 7, c'est-à-dire que le capitale représente 7 années de revenu, mais avec deux phénomènes de substitutions :
- La diminution progressive et régulière de la part des terres agricoles, qui alors qu'elles représentaient plus de 70% du capital en 1700, ne représentent plus que 10% en 1900,
- La naissance progressive à partir de 1800 d'un capital étranger net qui représente en 1900 autant que les terres agricoles. Ce sont à la fois l'expression de notre puissance coloniale, et d'avoirs financiers comme par exemple le fameux emprunt russe
Vient ensuite, à cause des deux guerres mondiales, la destruction du capital qui ne correspond plus qu'à trois années de revenu :
- Chute brutale à l'occasion de la guerre de 14-18, puis baisse lente ensuite,
- Disparition du capital étranger net,
- Poursuite de l'érosion de la valeur des terres agricoles
Enfin, à partir des années cinquante, croissance régulière pour revenir en 2010 à un multiple proche de celui du 18e et 19e siècle, légèrement supérieur à 6 années de revenus :
- Quasi-disparition de la valeur relative des terres agricoles,
- Origine de la croissance essentiellement due au capital immobilier

(à suivre)

20 juin 2014

DANGER ?

Oiseaux
Chez Hitchcock, les oiseaux se font menaçants. D’abord un, puis dix, cent, et pour finir des milliers.
Ici, rien de tel. Ce sont simplement d’inoffensifs guetteurs.
Immobiles, ils regardent au loin. Parfois, ils sont seuls, parfois par deux, parfois alignés.
Mais, au fait, que guettent-ils ? Savent-ils quelque chose que j’ignore ? Y a-t-il là-bas, au loin, au-delà d’où le regard peut se porter quelque menace ?
Devrais-je m’inquiéter ?
Peut-être que le danger vient de ce que je ne vois, ni n’entends encore.
Ces oiseaux sont des guetteurs, mais eux, tout à l’heure pourront s’envoler.
Moi, je serai bloqué et aurai à faire face seul avec ce qu’il ne faut connaître à aucun prix…
(Montage de photos prises à Fort Cochin en Inde) 

19 juin 2014

NOUS DEVONS APPRENDRE À VIVRE DURABLEMENT AVEC UNE CROISSANCE D’ENVIRON 1 %

Le capital du XXIe siècle (7) – Croissance5
Si le politique n’est pas sans prise sur ce qui se passe dans son pays, il n’en reste pas moins soumis aux lois globales de l’évolution. Un bateau ne peut pas faire fi du cours du fleuve… Il est donc essentiel de le comprendre et de l’intégrer.
Or en matière de croissance, les prévisions de Thomas Piketty pour les décennies à venir ne nous dessinent pas un futur porté par une forte croissance, du moins dans nos pays occidentaux.
En raisonnant d’abord sur la croissance par habitant, il prévoit pour la période 2012-2100 :
- 1,2 % pour les pays les plus riches (Europe occidentale, Amérique du Nord, Japon),
- La poursuite du processus du convergence jusqu’à 2050 pour les autres pays avec une croissance de 5% puis 4% ; et à partir de 2050, un croissance de 1,2%
Soit en moyenne : « Dans ce scénario médian-optimiste, la croissance mondiale de la production par habitant dépasserait légèrement 2,5 % par an entre 2012 et 2030, puis de nouveau entre 2030 et 2050, avant de tomber au-dessous de 1,5 % après 2050, et de se diriger vers 1,2 % dans le dernier tiers du siècle. »
En intégrant les prévisions démographiques, il obtient comme prévision pour la croissance mondiale totale, un ralentissement progressif depuis le taux actuel de 3,5%, à 3% en 2050, et 1,5% à la fin du siècle.
Notons qu’il considère ceci comme un scenario optimiste :
« Elle suppose une continuation sans heurt politique ou militaire du processus de convergence des pays émergents vers les pays riches, jusqu’à son terme vers 2050, ce qui est très rapide. Il est aisé d’imaginer des scénarios moins optimistes, auquel cas la courbe en cloche de la croissance mondiale pourrait tomber plus vite et vers des niveaux plus bas que ceux indiqués sur les graphiques. »
Inutile de prendre à la lettre ces prévisions – d’ailleurs Thomas Piketty lui-même attire l’attention des lecteurs sur le fait qu’il ne s’agit que de scenarios de cadrage –, l’important est de retenir les ordres de grandeur, et notamment que le plus probable est que, pour les décennies à venir, la croissance dans nos pays d’Europe se situera guère au-dessus de 1%.
Comme déjà indiqué, cela ne correspond en rien à une stagnation, mais imaginer que l’on pourra grâce à une politique volontariste – qu’elle soit d’inspiration libérale ou étatiste –, renouer avec des taux de croissance de 2, voire 3% est très probablement illusoire.
Ceci rejoint plusieurs articles que j’ai publié ces dernières années sur mon blog, dans le Cercle Les Échos et Sur AgoraVox (voir notamment "Le meilleur est improbable, mais il n'est pas hors d'atteinte" paru en 2012)
Nous devons donc nous organiser pour vivre et prospérer avec ce niveau de croissance. Pour un pays comme la France, cela renforce la nécessité d’entreprendre le plus tôt possible des transformations structurelles : nous ne règlerons pas nos problèmes de chômage et d’endettement public grâce à une croissance revenue miraculeusement.
Et si jamais le futur était meilleur, il serait alors très facile d'y faire face ! 
(à suivre)

18 juin 2014

DIRIGER PAR ÉMERGENCE S’APPLIQUE AUSSI À LA POLITIQUE

Le capital du XXIe siècle (6) – Croissance4
Nous voilà donc avec une affirmation plus que troublante : la performance économique d’un pays ne dépendrait que bien peu de la politique menée par ceux qui le gouverne.
Avant de modérer ce propos, et de revenir sur les limites à lui apporter, je veux d’abord relever que ceci est très directement en ligne avec nombre de constats faits dans le management des entreprises, et au premier chef par Daniel Kahneman : un dirigeant qui réussit est d’abord un dirigeant qui est à la tête d’une entreprise qui réussit et se trouve porté par des vagues favorables.
Cela fait écho à cette histoire fameuse dans la culture chinoise, où un grand général apprend qu’il a gagné des batailles d’abord parce qu’il était à la tête de la meilleure armée, et secondairement à cause de ses propres décisions. Écho aussi à Léon Tolstoï qui, dans Guerre et Paix, montre comment la campagne de Russie de Napoléon Bonaparte fut essentiellement le fruit du hasard. (voir mon article « Le succès d’un champion est d’abord dû au hasard, et secondairement à son talent »).
Que nos hommes politiques, comme les dirigeants d’entreprises,  apprennent donc d’abord l’art de la modestie.
Mais est-ce à dire que quel que soit son leader un pays va réussir ou échouer, à cause des circonstances ?
Certainement pas !
Comme je l’ai expliqué longuement dans mon dernier livre, Les Radeaux de feu, l’acceptation du dépassement et le passage au management par émergence, ne sont pas le renoncement au management. Ils impliquent un nouveau mode de management, fait de leadership, de capacité à trouver des points fixes sur lesquels caler sa stratégie, mettre en place des organisations simples où chacun comprend son rôle et celui des autres, développer une culture faite de confiance et confrontation :
« Chacun est riche de sa personnalité, de son histoire, de ses compétences, de ses rêves, de ses envies, de sa compréhension. La cohésion de l’ensemble résulte de processus subtils, tissés de confiance et confrontation, associant lâcher-prise, vision commune, geste naturel et prise d’initiatives. Aussi pour faire que ce radeau collectif ne soit pas le jouet des événements, et que ce ne soit pas le fleuve et les éléments qui choisissent sa destination, l’art du management doit être également subtil : il ne peut être question pour le dirigeant de se voir ni comme une reine véhiculée et protégée passivement par ses troupes, ni comme un Dieu tout puissant, sachant tout et décidant de tout. À lui et à son équipe de direction de trouver le cap, de faire que la rivière devienne fleuve, d’apporter confiance et stabilité, de créer les conditions pour que chacun puisse effectivement agir individuellement et collectivement… Pour cela, il doit agir dans le non-agir, décider par exception, accompagner et soutenir, jamais ne cesser de vouloir mieux comprendre et apporter du sens. »
Alors, et alors seulement, les processus émergents feront que les actions collectives sauront tirer le meilleur parti des situations et des opportunités.
Quand je regarde comment nos pays, et singulièrement la France, sont dirigés, je ne peux que constater que nous en sommes loin…
(à suivre)