3 nov. 2009

PLUS RIEN NE POURRAIT PLUS ENRAYER LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT

Histoire de caverne (Saison 3 – Épisode 7)

Jordana m'a demandé de l'aider avec mes billes et mes assurances, Johnny a proposé à Christina d'empiler les cabanes les unes sur les autres. Où va-t-on ?

« Regardez les arbres autour de vous, continua Johnny, et voyez comme ils montent haut. Ils ont un tronc au centre et des branches qui se succèdent les unes au-dessus des autres. Pourquoi ne pas faire de même avec vos cabanes ? On pourrait avoir comme un tronc au centre, et autour avoir des cabanes en cercle. Sur ce premier rang, on pourrait ensuite en superposer un deuxième et ainsi de suite.
- Vous croyez vraiment que cela tiendrait, demanda Christina.
- Franchement, je n'en sais rien, mais je pense que oui, on doit pouvoir y arriver.
- Et cela servirait à quoi.
- A rien, mais cela ferait comme des sculptures. Et puis s'il ne fallait faire que des choses qui servaient à quelque chose, à quoi bon sortir de nos cavernes !
- Vous êtes bizarre… Bon, si cela vous amuse, faites des essais, je n'ai rien contre. Après tout, vous avez peut-être raison : il est temps que nous commencions à faire des choses qui ne servent à rien. »


De l'autre côté du bout du monde, c'est-à-dire au royaume des cavernes, l'apport de ma créativité financière avait fait exploser le business des cabanes. Tout s'était finalement passé assez vite. Au début, comme Jordana me l'avait demandé, j'avais simplement intégré les cabanes dans le monde des billes en fixant une première parité, c'est-à-dire combien il fallait de billes pour acheter une cabane. Parallèlement, Thomas avait étudié les risques de dégradation d'une cabane (incendie, troupeau de mammouths, …) et avait pu calculer le coût d'une police d'assurance.
Puis, tout s'était emballé. La demande en cabane avait augmenté brutalement suite à l'offre de financement couplé à l'assurance. Jordana avait été incapable de suivre. Du coup, l'offre a été insuffisante et les prix se sont envolés. Les prix des cabanes en l'espace de trois mois avaient doublé et la hausse ne s'arrêtait pas. 
Voilà maintenant en plus que la question de leur localisation se mettait aussi intervenir. Au départ, le prix d'une cabane était indépendant de l'endroit où elle se trouvait. Puis certains ont fait valoir qu'être au bord de la rivière ou au sommet de la colline avec vue sur les environs, c'était quand même autre chose qu'être enfermé au milieu des arbres ou contre les cavernes. 
Alors Jacques, le roi des cavernes de tourisme, avait vu une opportunité de faire rapidement de l'argent : il avait acheté tous les terrains les mieux placés. Quand je dis « acheter », il avait simplement déclaré qu'ils étaient à lui le premier en y implantant ne serait-ce que quelque morceaux de cabanes et en y mettant quelques hommes pour les surveiller. Ensuite il avait commandé un maximum de cabanes et commençait à les déployer.


Six mois après mon accord avec Jordana, les tensions commencèrent à apparaître sur la marché des cabanes : les prix avaient tellement augmenté que plus personne ne pouvait les acheter. Jacques et Jordana qui venaient de s'associer dans une nouvelle société « Cabanes de rêves » – certains disaient d'ailleurs que leur association allait bien au-delà que la seule mise en commun de leur affaires… – vinrent me trouver et me demandèrent de trouver une solution pour relancer le marché.
Avec Jojo et Thomas, nous eûmes alors l'idée des prêts à long terme, garantis par la valeur de la cabane.
« Voilà, dis-je trois jours plus tard à Jordana et Jacques
, je règle d'un coup tous les problèmes de liquidité du marché en supprimant les risques de solvabilité des clients.
- Liquidité du marché, solvabilité des clients, qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je ne sais pas moi-même, mais je trouve ces expressions très jolies, c'est Thomas qui en a eu l'idée. L'important, c'est que nous allons prêter de l'argent à tout acheteur sans avoir à nous préoccuper de savoir s'il pourra ou non rembourser le prêt. Puisque nous aurons la cabane en garantie et que les prix des cabanes ne font qu'augmenter, nous ne risquons rien. Si jamais il ne peut plus payer, nous récupérerons la caverne. »
Et la croissance du marché des cabanes reprit de plus belle.

Au-delà du bout du bout du monde, au pays de Christina, les premières piles de cabanes venaient de voir le jour. Elles se composaient pour l'instant de quatre cabanes par niveau, et de trois niveaux superposées, soit donc un total de douze cabanes. Pour assurer la desserte des cabanes du haut, Johnny avait passé un accord avec la tribu des gorilles voisine : moyennant une rémunération d'un régime de bananes par jour, les gorilles portaient les habitants, ainsi que tous leurs paquets, quels qu'ils soient.
Ainsi des deux côté du bout du monde, grâce à la collaboration et à la fertilisation croisée, la croissance était là. Rien ne pouvait l'arrêter…

(à suivre)

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