31 déc. 2009

SEXE, ÉLIXIR ET TAM-TAM !

Histoire de caverne (Saison 4 – Épisode 4)

Isabella avait obtenu ce qu'elle voulait et venait d'annoncer le lancement des « maisons du plaisir ». De mon côté, ma préoccupation était tout autre : j'avais dû multiplier le nombre de billes en circulation. Moins cela se saurait, mieux ce serait…

L'annonce d'Isabella avait fait son effet : plus personne ne parlait d'autre chose. Toutes les cavernes, toutes cabanes, toutes les Tours du futur ne bruissaient plus que d'une question : qu'est-ce que c'étaient des « Maisons du plaisir ». Et ce, des deux côtés du bout du bout du monde. Même dans la forêt, ce n'était plus que des cris de chimpanzés et de gorilles se demandant quand ils pourraient y aller. Les paris allaient bon train. Les uns disaient que c'était un nouveau type de cabanes plus faciles à construire. D'autres que c'était des maisons que les esprits habitaient et y répandaient des ondes de plaisir. D'autres rétorquaient que, si Isabella avait été croyante, cela se saurait. Bref tout le monde en parlait, mais personne ne savait rien.
La réponse vint la semaine suivante : dans l'Écho du Monde, on pouvait lire « Écoutez et vous trouverez le plaisir ! ». Dès la parution de cette nouvelle édition, des tam-tams se mirent à résonner tout autour. Ce son attira, comme un aimant, hommes, femmes, chimpanzés et gorilles : tout le monde avait tellement envie de savoir que chacun lâcha ce qu'il était en train de faire pour suivre le son et trouver d'où il venait. Les uns se retrouvèrent entrer en profondeur dans les bois, d'autres se rapprocher de rivières, d'autres enfin aller vers les vieux centres des deux bouts du monde. Qu'allaient-ils bien trouver ?
Chacun, quel que soit l'endroit où il se trouvait, eu devant lui une cabane comme ensorcelée non seulement de musique, mais de fleurs et de parfums tous les plus envoutants les uns que les autres. Au fronton, était écrit : « Entre et tu accèderas au plaisir ». 
A l'intérieur, d'un côté, une sorte de tronc avait été fendu dans sa longueur et accroché en l'air à mi-hauteur. Sur le dessus, étaient posées des séries de coupelles en bois de toutes tailles et de toutes les essences. Derrière, accroché au mur, on voyait d'autres morceaux de bois recouvert de grands pots desquels émanaient des odeurs merveilleuses. Entre le mur et le tronc fendu, se tenait une femme très peu vêtue qui proposait à chacun de goûter le contenu de ces pots : « N'hésitez pas : pour le lancement des maisons du plaisir, tout est gratuit. C'est 'open bar'. » Personne ne comprit d'où venait des mots étranges 'Open Bar', mais tout le monde se mit à boire. Et plus ils buvaient, plus les esprits s'échauffaient.
Alors les regards se tournèrent de l'autre côté de la salle. Là sur de grandes planches, se tenaient deux gorilles qui frappaient selon un rythme obsédant sur leur tam-tam. Devant eux, ondulaient dans un ballet sans fin deux femmes, deux gorilles femelles, deux chimpanzés femelles. Chacune jouait du corps de l'autre et la dénudait lentement… Les regards s'allumèrent.

« Je crois que je viens de comprendre pourquoi Isabella les a appelées les maisons du plaisir, dis-je avec un sourire ». Comme les autres, je n'avais pas pu résister à l'appel de ma curiosité et de la musique des tam-tams. J'étais arrivé parmi les premiers dans la maison la plus proche de ma caverne.
Sentant que l'on me tapait sur l'épaule, je me retournais et trouvais face à moi Isabella.
«  Cela vous plaît ?
- Brillante idée. Cela a l'air de plaire à tous : homme, gorille ou chimpanzé. Et les femmes, vous y avez pensé ?
- Attendez un peu et vous allez voir entre en scène d'autres danseurs. »
Quelques minutes plus tard, effectivement, d'autres danseurs du sexe opposé prirent la place des premiers. Puis bientôt, les ballets devinrent mixtes. La chaleur monta encore d'un cran.
« Je crois que j'en ai assez vu, dis-je en sortant et m'adressant à Isabella. Venez me voir demain. Maintenant vous êtes des nôtres ! »

Le lendemain, quand Isabella entra dans ma caverne, elle m'y trouva ainsi que Jacques, Jojo et Jordana. Elle tenait à la main un des ses pots remplis d'une de ses boissons enivrantes.
«  Vous allez nous dire comment vous avez réussi à produire des tels élixirs, lui dis-je.
- Certainement pas ! Un des trois secrets de fabrique des maisons du plaisir, me répondit-elle en souriant.
- Quels sont les deux autres ?
- Sexe et tam-tam !
- Bien ! Alors trinquons tous ensemble à votre succès. »

En mon for intérieur, je souriais : j'étais convaincu qu'Isabella venait aussi d'apporter une solution à mon problème…

(à suivre)

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