3 mai 2010

EN EMPILANT DES BLOCS SIMPLES, ON CONSTRUIT UN SYSTÈME COMPLEXE ROBUSTE

Et si on s'intéressait aussi à la simplicité ?

Dans sa conférence (voir ci-dessous), Georges Whitesides (voir sa bio) s'intéresse à la simplicité, et comment elle permet de construire la complexité. Il y explique que ce sont avec des blocs simples – comme des pierres, des 0 et des 1, … –, que l'on peut élaborer des systèmes sophistiqués comme Internet ou des cathédrales.

Ce qui est simple, c'est tout ce qui peut s'empiler facilement et solidement. Guidé par son imagination et son projet, on va poser les blocs les uns sur les autres : l'un fera une cathédrale, quand un autre en tirera un château ou simplement un mur en pierres sèches…

Pour construire avec ces blocs, vous n'avez pas besoin de connaitre la logique qui a permis à ces blocs d'exister, vous n'avez qu'à savoir vous en servir et les empiler. Ceci rejoint le propos de Ian Stewart qui a écrit dans « Dieu joue-t-il aux dés ? » :
« Ce dont nous avons besoin, c'est de la théorie de la simplicité, pas de la théorie de la complexité. Il y a une rhétorique de la science réductionniste qui prétend que, même si la chèvre ne le sait pas, des choses immensément compliquées doivent se produire en elle pour qu'elle se comporte cette façon. (…) Il vous semble, à vous et à la chèvre, que ce qui se passe est simple : mais, en fait, cela ne l'est pas. (…) Une théorie des particules subatomiques est fongible quand on la regarde à partir du niveau de la chèvre. Il faut bien qu'il en soit ainsi, ou bien nous n'aurions jamais été capables de garder une chèvre sans passer auparavant un doctorat de physique subatomique. »

Lego ou Meccano ont apporté à tous les enfants de nouveaux blocs simples pour donner libre cours à leur imagination. McDonald a dominé le monde des hamburgers en le décomposant en briques élémentaires – le pain, la viande, les frites…–, en industrialisant chaque composant et en en facilitant l'assemblage. Le jeu de go repose sur des règles que l'on peut énoncer et comprendre en une minute…

Quand la complexité repose sur des composants eux-mêmes complexes, elle est fragile et vulnérable. Quand elle repose sur des blocs simples, elle est efficace et souple.

A garder en mémoire…

2 commentaires:

Mortel Management a dit…

Une théorie simple mais qui fait l'impasse sur un phénomène complexe : l'intention ou l'objectif. Il ne suffit pas d'empiler des blocs pour construire une cathédrale qui tienne debout. Et l'empilement de blocs simples peut donner naissance à une système complexe, qui peut échapper à son concepteur dés lors qu'il est en mouvement.
Du coup je ne vois pas bien ce que cette idée apporte. (Ceci dit pour ouvrir le débat).

Pour ma part, je ne crois pas qu'il faille craindre la complexité ou l'incertitude.

C.Oyarbide, blogueur sous "Mortel Management".

Robert Branche a dit…

Tout à fait, l'intention est essentielle, c'est d'ailleurs ce qui est dit dans la vidéo. L'existence de blocs simples et superposables permet à l'intention de se concrétiser, mais elle reste essentielle.
Ce que cette idée apporte est que c'est l'existence de briques simples qui permet à la complexité de se développer (aller voir la vidéo...).
Autrement comme vous, je cherche à expliquer dans mon livre qu'il ne faut pas craindre l'incertitude, car c'est elle qui est la meilleure garante de notre liberté. J'ai mis e, exergue de mon livre : "il n'y a pas d'espoir sans incertitude", phrase reprise aussi en fin de mon blog.
Quant à la complexité, elle est la conséquence du développement de la vie, et il faut faire avec...

 
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