2 mars 2011

LE MANAGEMENT A À VOIR AVEC L’ART DE LA LECTURE

La stratégie est une suite de budgets… faits de plans d’actions…
Depuis l’étage, le plus souvent élevé, des bureaux de la Direction Générale d’une grande entreprise, il est souvent difficile de comprendre et d’appréhender le sens et la valeur ajoutée de chaque niveau qui la compose. On a alors tendance à faire des additions et des multiplications en les oubliant.
C’est un peu comme si, pour analyser la qualité d’un roman, on mettait ensemble toutes les voyelles et les consonnes, si on comptait le nombre de A, ou si on mesurait le nombre moyen de mots par page… 
Non, pour apprécier la qualité d’un roman, on doit oublier les mots et les phrases et se centrer sur le sens du roman lui-même. Ensuite, on pourra, si on en a le temps, se plonger dans l’analyse des phrases. 
Parlerait-on de la phrase relative aux madeleines, si elle n’était pas une articulation essentielle pour la compréhension du sens de A la recherche du temps perdu ?
Il en est de même pour l’articulation entre les plans d’actions, le budget et la stratégie : le budget n’est pas la somme des plans d’actions, ou du moins pas seulement ; la stratégie n’est pas le prolongement du budget… Chacun a sa logique propre. Ceci est notamment dû au niveau d’incertitude :
  •  le plan d’action est dans l’immédiat, un horizon où l’on peut avoir une idée précise du cadre dans lequel on va agir (sauf arrivée de « cygne noir », c’est-à-dire d’un événement imprévisible, très improbable et à effet disruptif).
  •  le budget rentre dans l’horizon de l’incertain, mais encore suffisamment proche pour que l’on puisse modéliser les évolutions et structurer des prévisions.
  • La stratégie, elle, est dans le monde de l’incertitude. Il ne sert à rien de partir du présent, des plans d’action ou du budget. Il faut partir du futur et comprendre les mers qui attirent les fleuves.
Et pourtant les trois sont emboîtés : le budget est le résultat des actions, la stratégie commence par le budget.
Pour comprendre ces emboîtements, tous les dirigeants devraient apprendre l’art de la lecture pour les aider à découvrir (ou redécouvrir) comment A la recherche du temps perdu se construit au travers d’une succession de scènes lentes et sans liens apparents, elles-mêmes construites de descriptions faites de détails d’une infinie précision…
(à suivre)

2 commentaires:

SERENDIPITE a dit…

Et si l'entreprise dans sa structure actuelle vivait ses dernières heures, et si la façon que nous concevons la production et les échanges vivait également ses dernières heures. Comme le dit le philosophe Michel Serres lorsque change le couple support/message tout change, le droit, la politique, l'éducation, la science, l'économie, le rapport aux être et aux choses. Nous sommes arrivés à ce moment là car depuis une vingtaine d'années avec l'informatisation des bourses mondiales et de leurs interconnexions tout à été bouleversé. Pour que nous retrouvions des capacités d'actions ne faudrait t'il pas armer les peuples des mêmes armes que les puissants de ce monde en leurs offrant les connexions cellulaires numériques à très haut débit pour que chacun comme un David avec sa fronde numérique terrasse le Goliath économique et le décapite du même coup. Le dure ne dur pas, seul le doux dure nous dit le philosophe, en offrant les moyens numériques à chacun d'échanger le doux (textes, sons, images et vidéos) partout, en tout lieu et à tout moment nous pourrons peut être changer le cours des choses. Celui qui détient le savoir détient le pouvoir, si nous distribuons à chacun le savoir le pouvoir se diluera du même coup et peut être qu'une nouvelle démocratie naîtra de cette métamorphose.

Anonyme a dit…

Oui, la lecture des philosophes instruirait encore mieux les dirigeants que celle de Proust...

 
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