4 janv. 2012

DU MANAGEMENT AU ROMAN… IL N’Y A QU’UN PAS !

La vie est souvent affaire de double jeu…
Après deux livres consacrés au management, voici mon premier roman, "Double J". Il est disponible d’ores et déjà chez mon éditeur L’Harmattan, et bientôt sur tous les sites de ventes en ligne, et dans les grandes librairies.
Le 4ème de couverture :
À cause d’une blessure d’enfant toujours présente, l’un s’était enfermé dans le monde virtuel des mots et des mathématiques. Sans raison avouée, l’autre s’était plongé dans l’effervescence du monde des affaires et des voyages.
L’un comme l’autre n’avait jamais aimé que soi-même. L’un comme l’autre s’amusait avec des corps de passage et sans lendemain. Leur rencontre a tout bouleversé, et ils se sont retrouvés ensemble. L’un a donné ses mots, l’autre sa peau. Mais sera-ce suffisant ?
L’un est Jean, l’autre Jacques. Deux prénoms qui se répondent, deux je qui s’entremêlent et se manipulent, deux jeux qui s’articulent et s’opposent.
Jean arrivera-t-il à vivre, sans les mots qui l’habitaient depuis l’enfance ? Jacques supportera-t-il d’être dans une peau qui ne lui appartient plus vraiment ?
Double J nous emmène dans un jeu de miroirs dans lesquels l’histoire rebondit sans cesse de manipulation en manipulation.

Le tout début du roman :
Assis sur le rebord du mur, le visage balayé par la pluie, frissonnant malgré la chaleur de cet après-midi de début d’été, je regardais mon manuscrit se dissoudre devant moi. Des heures, des jours, des semaines de travail coulaient là depuis le papier détrempé. Comme un fleuve de sang, l’encre rouge se répandait, et mon roman inachevé agonisait, sans bruit, sur les pierres du mur. Elles, solides, se supportant mutuellement, fortes toutes ensemble, se teignaient de mes mots et s’habillaient de ma pensée diluée, la destruction de ma création mentale venant recouvrir le puzzle minéral que j’avais construit quelques années auparavant. Une revanche de la pierre sur l’idée, du dur sur le mou, de la force sur l’intelligence, de la violence sur la pensée. Pendant des jours et des jours, me servant de pierres arrachées au sol, j’avais dessiné des lignes qui structuraient le jardin et enserraient la piscine. Pendant des jours et des jours, me servant de mots arrachés à mon imaginaire, j’avais dessiné des lignes qui esquissaient mon roman et en meublaient les pages. La brutalité de l’orage avait saisi ma négligence pour fondre les deux en un, et finalement détruire ce qui n’avait pas été suffisamment encré dans le réel. L’eau venait de me mettre à mort une deuxième fois.
« Tiens, mets cela sur tes épaules, sinon tu vas prendre froid, me dit Jacques ».
Assourdi par la violence de l’orage et la disparition de mon roman, je ne l’avais pas entendu arriver.
« Ce n’est pas si grave, continua-t-il en pressant doucement la base de mon cou. Tu peux toujours le réécrire. »
Je regardai un moment son sourire, puis me retournai vers mon manuscrit qui coulait. 
Il ne comprenait pas, pensai-je, il ne me comprenait pas.

2 commentaires:

Le Blog de Paule Orsoni a dit…

Bravo pour ton premier roman!Je me réjouis de le lire bientôt...

Brunelle a dit…

merci Robert!
je navigue un peu comme toi entre Polytechnique et les inconscients
mais un manager n'a-t-il pas besoin de quelques points fixes?
j'avais fait un plaidoyer pour un certain irrationnel à Paris, publié dans Plastir, mais suis revenu à plus de rationnel...entre le fixe et le mouvant.
bref quelques points fixes dans l'incertitude...
amicalement et bien à toi.

Nicolas

 
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