26 juin 2012

DURABILITÉ, VOLONTÉ ET IMAGINATION, LES TROIS MAMELLES DE LA CONSCIENCE

Comment pourrait-on évaluer ce dont on n’est pas conscient ? (Neurosciences 6)
L’inconscient, rebaptisé non-conscient, est loin d’être « stupide », et est capable de bien de tâches que l’on croyait réservées aux processus conscients. Alors finalement c’est quoi la spécificité de la conscience ?
Telle est la question sur laquelle je finissais ma promenade d’hier, au sein du cours de Stanislas Dehaene de 2009 sur l’Inconscient cognitif et la profondeur des opérations subliminales.
Tout d’abord une petite définition qui a le mérite de préciser de quoi on parle : un processus de « type C », ou processus conscient, est un processus cognitif qui ne peut traiter une information que si le participant rapporte être conscient de cette information.
Une fois cette définition posée, Stanislas Dehaene avance trois propositions se rapportant aux processus de type C, et à eux seuls :
  • La maintenance explicite et durable de l’information en mémoire de travail : les effets d’amorçage ne déclenchent que des phénomènes transitoires et évanescents. Lionel Naccache qui travaille dans les équipes de Stanislas Dehaene et dont le livre Le Nouvel Inconscient a fortement inspiré mon premier livre Neuromanagement, dit que « l’inconscient est structuré comme une exponentielle décroissante ».
  • Le comportement intentionnel et volontaire : tous les paradigmes subliminaux exigent une réponse « à choix forcé », ou autrement dit, l’inconscient ne sait pas de lui-même, choisir ses objectifs.
  • Les combinaisons nouvelles d’opérations : la conscience est nécessaire à la flexibilité cognitive, à l’invention de stratégies nouvelles, à l’inhibition des comportements routiniers, à l’enchaînement de plusieurs opérations.
Autre commentaire essentiel, présenté comme un postulat : la métacognition est un aspect essentiel de la conscience. Nous ne pouvons commenter ou évaluer notre propre performance que si nous en sommes conscients.
Si l’on abandonne un instant le terrain des neurosciences, pour rejoindre celui de la réflexion de « bon sens », comment en effet pourrions-nous porter un regard sur ce dont nous ne sommes même pas conscients ? Pour ce qui se déroule en dehors du champ de notre conscience, nous ne pouvons constater que les résultats, sans en connaître ni le déroulement, ni l’objectif poursuivi. Comment dès lors pouvoir l’évaluer ?
Finalement, une information consciente serait donc une information stable, disponible, utilisable pour des décisions « réfléchies ».
Est-ce à dire que la décision rationnelle serait nécessairement consciente ?
(à suivre)

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