12 févr. 2018

VAINCRE LA GUEULE DE BOIS DE LA DÉPENSE PUBLIQUE

Extrait de "2017 : le Réveil Citoyen"
Il y a deux ans, je publiais mon livre « 2017 : Le réveil citoyen », un essai politique qui comprenait à la fois un diagnostic et un ensemble de propositions. 
J’y abordais notamment un sujet qui reste toujours d’actualité : notre maladie de la dépense publique. En voici, quelques extraits…
"Depuis tant de matins, la France se lève avec une solide gueule de bois. Depuis tellement d’années qu’elle fait la fête grâce à la dépense publique. Quand elle a un problème, c’est sa recette miracle : trop de chômeurs ? Qu’à cela ne tienne, on va augmenter les allocations. Pas assez de logements ? Qu’à cela ne tienne, on va inventer une aide fiscale de plus. Trop de pauvreté ? Qu’à cela ne tienne, on va augmenter les allocations. Combien de verres de dépense publique avons-nous bus ? Impossible de les compter. Tout est flou. Car la France a appliqué le dicton populaire en soignant le mal par le mal : s’il n’y avait pas assez d’emplois, si tous les déficits explosaient, si la dette était abyssale, c’était parce que la dépense publique était insuffisante. Un peu plus de dépense publique, et vous verrez, mon bon Monsieur, la croissance va repartir et nos problèmes disparaîtront. Regardez l’Éducation nationale décrocher : vous n’allez quand même pas abandonner nos enfants, au moment où tout le monde clame que l’avenir est dans l’accroissement des compétences. Allez encore un petit verre, et Messieurs les Français, vous vous sentirez mieux ! (…)
Il était une fois un pays qui avait un très grave problème de chômage. Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait plus assez d’activité. Alors le Président de ce pays, qui était un homme très sage et très puissant, eut une idée : il créa deux entreprises, l’une qui creuserait des trous, l’autre qui les boucherait. Il mit à la tête de chacune un homme de confiance. Et le miracle advint : plus la première se développait, plus la seconde avait du travail. Et réciproquement. En un rien de temps, le chômage fut résorbé. Partout on creusait, partout on bouchait. 
À votre regard, je vois que vous trouvez mon histoire stupide, et que vous pensez que je me moque de vous. Tout le monde sait bien que l’économie réelle ne se développe pas ainsi. Que le chômage ne baisse durablement que si l’activité des entreprises d’un pays crée une valeur réelle. Or creuser des trous pour les reboucher, cela n’en crée pas. Vrai. Mais, laissez-moi maintenant vous donner quelques exemples issus de ce qui se passe dans notre pays.
D’abord, parlons de nos ronds-points : c’est notre passion et avec trente mille construits, nous en avons six fois plus qu’en Allemagne, et continuons à en ajouter cinq cents chaque année.  Non contents de les multiplier, nous avons aussi le record du coût unitaire. Pourquoi ? Parce qu’en leur milieu, on trouve selon les cas, un mini-musée, un succédané de jardin public, ou une construction indéfinissable. Toutes ces œuvres ont une caractéristique commune : elles sont inaccessibles, puisque des voitures tournent constamment autour. C’est le propre d’un rond-point, non ? Un reste de lucidité m’a toujours interdit d’essayer d’emmener un des mes petits-enfants y jouer. Trop dangereux et trop pollué. Un jour, j’ai voulu visiter l’un de ces musées. Mal m’en a pris : j’ai créé un gigantesque embouteillage et écopé d’une contravention. 
La création de ces « œuvres » inaccessibles induit un surcoût qui se compte en dizaines de milliers d’euros par rond-point, voire en centaines de milliers. Et cerise sur le gâteau, la présence de ces superstructures entrave la visibilité : à cause d’elles, souvent l’on ne voit plus l’autre côté, ni donc l’arrivée potentielle d’une voiture. Un comble : ces « œuvres » ne se contentent même pas d’être simplement inutiles, mais elles sont de surcroît nocives, puisqu’elles dégradent la fonction de base des ronds-points, à savoir la sécurité routière. (…) Au total, c’est plus d’une dizaine de milliards d’euros qui ont été dépensés pour rien. Cet argent, ne croyez-vous pas qu’il serait plus utile ailleurs ? Je vous laisse choisir : dans les écoles, la justice, les prisons… ou alors dans votre poche. (…)
Une remarque en guise de conclusion provisoire sur la dépense publique : je ne suis ni pour, ni contre. Pourquoi ? Parce que raisonner en terme de référendum n’a aucun sens. La question à se poser n’est pas celle-là, mais celle de son utilité : est-ce qu’avec ce projet ou ce financement, plus de valeur ajoutée est créée, oui ou non ? Si la réponse est oui, pas de problème ; si la réponse est non, il faut surtout ne pas le faire, et laisser l’argent dans la poche des contribuables qu’ils soient particuliers, professionnels ou entreprises. Car même si Keynes doit se retourner dans sa tombe – Paix à son âme ! -, un accroissement de la dépense publique ne crée de la croissance que s’il crée plus de valeur. Ou alors lançons immédiatement des entreprises qui creusent des trous et d’autres qui les bouchent, ce sera plus simple et plus rapide."

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