24 août 2009

LE TEMPS DES CARTELS A SONNÉ

Histoire de caverne (Saison 2 – Épisode 9)

La guerre entre mon inventivité financière et la créativité produit de Johnny faisait rage. Résultat : nous commencions tous deux à perdre de l'argent.

« Tu ne crois pas que vous êtes un peu tombés sur la tête tous les deux, non, me dit Jojo.
- Moi, non, répondis-je. Mais lui oui ! Il ne voit pas qu'il ne gagnera pas et que je suis plus fort que lui.
- Bien sûr, bien sûr. Lui est stupide et toi tu es intelligent. Rappelle-moi combien tu as gagné le mois dernier ?
- Arrête avec tes questions idiotes !
- Oui, idiotes. J'ai fait une petite prévision avec Paulo. Au fait, sais-tu que l'on s'entend maintenant très bien tous les deux ? Très complémentaires, nos deux approches. Son côté « mathématiques » – lui seul sait ce que cela veut dire, mais c'est tellement professionnel comme expression et rassurant ! – et mon style plus intuitif font un cocktail parfait. Nous venons d'ailleurs de fusionner nos affaires. Nous travaillons sous une marque commune : « Prévoir et savoir ». Donc, nous avons une simulation sur l'évolution de vos affaires de roues, disques, assurances et billes. Au rythme où cela évolue, nous pensons que vous serez à bout de ressources l'un et l'autre dans six mois. Et tu sais quelle est l'ironie de la situation ?
- Non, mais tu vas me le dire, je suppose.
- Vous allez être à court de ressources exactement le même jour. Vous allez être contents : ni gagnant, ni perdant. Ou plutôt deux perdants ! »
Il me regardait avec un sourire exaspérant… mais je savais qu'il avait raison. Cela ne pouvait plus durer.


« Et tu proposes quoi, lui demandai-je ?
- Moi, rien. Ce n'est pas moi qui ai un problème.
- Arrête ! Je te connais. Si tu as commencé un sermon pareil, c'est que tu avais une idée en tête.
- Si tu y tiens. Oui, peut-être.
- Et alors ? Tu veux vraiment te faire prier ?
- Oui, j'aime assez !
- Alors, Monsieur le Devin, s'il vous plaît, quelle est votre idée ?
- Facile. Vous enterrez la hache de guerre. Toi, tu te centres sur ce que tu sais le mieux faire : la finance. Lui, sur l'innovation et la fabrication. Et vous mettez en commun votre double réseau de pierres d'affichage, ce qui permettra une optimisation, vu tous les doublons d'implantation. »
Facile à dire et apparemment logique. Mais cela revenait à accepter de partager…
« De toute façon, continua-t-il comme s'il avait perçu mes pensées, si vous ne partagez pas, il ne vous restera plus rien. Et si vous vous entendez, chacun y gagnera encore davantage. Regarde-moi avec le Magicien. Si nous avions continué à nous battre où en serions-nous ? Alors qu'ensemble, nous sommes plus forts que jamais. »
Il avait raison. Mais je n'étais pas prêt à faire le premier pas… et Johnny non plus. Sans issue, donc.
« Si tu veux, finit-il, je peux en parler à Johnny. J'ai gardé une très bonne relation avec lui. Je comprends qu'il ne faut qu'aucun de vous deux ne perde la face. Je peux voir si de son côté, il est ouvert à une pareille solution. Si oui, je peux finaliser un accord. Vous n'aurez même pas à vous rencontrer avant la signature. Bien sûr ma société P&S - « Prévoir et savoir » - prendra une modeste commission sur vos revenus futurs. Mais uniquement sur la progression du chiffre d'affaires. Donc si cela ne donne rien, cela ne vous coûtera rien. »
Et il fut fait ainsi. Jojo sut persuader Johnny et, quinze plus tard, nous avions signé l'accord historique entre Johnny et moi. Au passage P&S devenait actionnaire de la filiale commune qui regroupait le journal et le réseau d'affichage publicitaire. Comme cette filiale se trouvait au milieu de notre relation, nous l'avons appelé « Média Group ».
La guerre ayant cessé, nous avons pu redresser les prix, synchroniser nos actions, se servir du journal comme outil de promotion commun. Les profits étaient de retour et à des niveaux jamais atteints. P&S se développait en multipliant les missions de conseil auprès de toutes les personnes ayant des différents. Media Group avait rationaliser son réseau et venait de lancer une nouvelle édition visant les enfants.
Tout était vraiment parfait… sauf pour les habitants des cavernes qui n'avaient plus d'autres choix que payer chaque jour un peu plus cher.
Jusqu'à ce qu'un jour, apparaisse une nouvelle offre. Tout a commencé avec l'apparition de la belle Jordana…

(à suivre)


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