30 oct. 2009

POURQUOI NE PAS CHERCHER À COMPRENDRE PLUTÔT QUE DE PRÉVOIR

Histoire de caverne (Saison 3 – Épisode 5)
Manifestement pendant notre absence de quatre mois, rien ne s'était passé comme prévu et Thomas n'avait rien contrôlé. Mais que s'était-il passé exactement ?

Nous étions tellement inquiets que nous avons fait la distance qui restait en trois jours au lieu de cinq. Tout le long du chemin, espacés d'environ un jour de marche, nous avons revu des cubes en bois, ces cabanes comme elles les appelaient. Nous n'avons pas voulu nous y arrêter, trop pressés d'arriver.


Au fonds de sa caverne, nous avons trouvé Thomas, prostré, immobile, le regard dans le vague. Devant lui, des verres vides avec une forte odeur de jus d'herbes, une des potions favorites de Jojo, une de celles qu'il utilisait pour faire ses prévisions. Manifestement il était allé vider les réserves de Jojo. En nous entendant, il arriva à lever un œil vers nous.
« Ah, vous voilà. Enfin !
- Mais qu'est-ce qui se passe, criai-je en entrant ? Dans quel état es-tu ? Tu crois vraiment que c'est comme cela que l'on peut diriger des affaires et faire face ?
- Désolé, j'ai dû boire un peu trop de la potion de Jojo. Mais j'ai pensé que cela allait m'aider à revoir mes prévisions. Enfin, pour être honnête, c'est pour cela que j'en ai pris au début, puis rapidement, comme plus rien ne marchait, j'ai continué à en boire non plus pour prévoir, mais pour oublier que rien de ce que j'avais prévu n'arrivait.
- Raconte-moi ce qui s'est passé.
- C'est simple. Vous veniez de partir quand les premiers nouveaux chariots sont arrivés : cinq la première journée, puis dix la suivante, et après j'ai arrêté de compter. Un flot continu de chariots. Puis les cabanes ont commencé à apparaître. De partout des femmes, mais pas seulement. Des familles au complet : hommes, enfants et même des animaux. Les animaux, ils les appellent des « animaux de compagnie » : ce sont de drôles de petites bêtes qui ne servent à rien, qu'il faut nourrir et qui se mettent à crier dès que l'on approche de la cabane. Au début, j'ai essayé de lutter en revoyant mes méta-tableurs. Mais rien ne marchait, tout était faux. Alors j'ai commencé à boire le jus d'herbes, et depuis, je ne sais plus très bien. »
Impossible de tirer quoique ce soit de plus de lui. 
« Nous n'allons quand même pas nous laisser faire, dis-je en regardant Johnny.
- Non, bien sûr, me répondit-il. Mais je crois surtout qu'il faut que nous changions de méthode. Toutes ces prévisions, c'est n'importe quoi. Désolé, Jojo et Paulo, de dire cela, mais il faut nous rendre à l'évidence. Comme ces femmes viennent toutes du bout du bout du monde, de cet endroit qui, pour nous, n'existe même pas, vous n'êtes pas capables de les intégrer dans vos calculs, et Thomas non plus.
- Et tu proposes quoi alors ?
- Je me propose d'aller moi-même au bout du bout du monde et de voir de mes propres yeux leur monde pour comprendre ce qui se passe.
- Mais tu vas te faire mettre en pièces. Tu n'arriveras jamais vivant jusque là-bas.
- Non, je ne crois pas. Car si nous regardons bien, elles ne sont pas agressives et n'ont jamais cherché à nous attaquer. Elles sont simplement arrivées chez nous, et le simple fait de leur arrivée a tout changé. En plus j'ai quelques idées pour les amadouer le cas échéant.
- Tu comptes utiliser de tes charmes pour les séduire ?
- Non pas vraiment ! Ce n'était pas mon idée, mais maintenant que tu m'en parles, pourquoi pas ! Non plus sérieusement, en regardant leurs cabanes, j'ai eu quelques idées simples pour améliorer leur mode de construction.
- Comment ?
- Pour l'instant, je le garde pour moi. Paulo, tu veux venir avec moi. Ta présence serait utile pour mieux analyser ce que l'on va trouver. »


Ainsi fut fait. Vingt-quatre heures après notre retour, Johnny et Paulo étaient déjà repartis en direction du bout du bout du monde.

De mon côté, il était temps d'aller voir Jordana. Je la trouvais, trônant dans une immense cabane.
«  Tiens, le roi des cavernes est de retour, me dit-elle en me voyant entrer. Que me vaut le plaisir de votre visite ?
- Je voulais vous féliciter de vive voix du succès de votre développement.
- Merci. Isabella m'a bien aidé, mais je vais avoir besoin de vos services. Si vous n'y voyez pas d'inconvénients, bien sûr »
Elle avait besoin de moi ? Je la regardais, interloqué…

(à suivre)

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