15 mars 2010

COMMENT VIVRE LA COMPLEXITÉ SANS CONFIANCE ?

En France, nous nous méfions les uns des autres

Dans cette conférence tenue en décembre 2009 à l'École Normale Supérieure, Yann Algan, professeur à Sciences Po, montre que : 
- En France, nous avons un déficit de confiance tant vis-à-vis de nos institutions que de nos concitoyens : par exemple, nous sommes parmi les pays qui ont la plus forte défiance vis-à-vis de leur justice. Ou encore, une français sur cinq fait confiance spontanément à quelqu'un qui ne connait pas versus trois sur quatre dans les pays d'Europe du Nord
- Il y a un lien direct entre le niveau de confiance dans un pays et la performance économique : par exemple, plus le degré de confiance est élevé, plus le pourcentage d'investissement l'est aussi, ce qui « est d'autant plus fondamental dans nos économies d'innovation ». Ou encore, moins il y a de confiance, moins il est facile de créer une entreprise, car plus les contrôles sont tatillons et multiples…

Un peu plus de quinze minutes à écouter… et à méditer

4 commentaires:

Le Blog de Paule Orsoni a dit…

Je me demande de quoi la confiance peut bien être le nom en matière d'entreprise et de management...deux domaines que je connais si peu mais dont on peut mesurer certains
effets .Il est déjà périlleux d'accorder sa confiance en matière de sentiments à quelqu'un ,je me demande alors s'il n'est pas difficile de l'accorder lorsqu'il s'agit de défendre des "intérêts "et une certaine idée du "profit" dont tous ne sont pas bénéficiaires au même titre.Je ne demande qu'à être convaincue de la nécessité d'accorder sa "foi" (cf l'étymologie du mot confiance).Merci de m'éclairer...

Robert Branche a dit…

Vaste sujet et difficile de répondre en quelques lignes. Dans mon livre à sortir, j'essaie d'apporter quelques réponses. En voici les grandes lignes (évidemment je n'ai pas la prétention d'apporter une réponse "définitive" sur un sujet aussi complexe, c'est juste une contribution...) :
- Chacun comprend quel est son rôle, quel est celui des autres, et comment l'ensemble s'articule.
- Chacun connait quel est l'objectif visé par l'entreprise (quelle est sa "mer" au sens de la destination d'un fleuve) et en quoi ce qu'il fait y contribue. Cet objectif est stable dans le temps et est en phase avec l'histoire et la culture de l'entreprise.
- L'organisation et les systèmes lui apportent les moyens pour apporter cette contribution, en lui fixant un cadre, et en lui laissant des marges de manoeuvre et d'initiative (logique d'organisation biologique).
- La direction est stable (en y incluant les actionnaires) et manage dans la durée. Elle a pour l'essentiel grandi dans l'entreprise et en connaît donc personnellement les éléments "inconscients" (voir mes articles sur l'inconscient).
- Elle promeut une culture de la confrontation, c'est-à-dire encourage à la mise en commun des interprétations et la recherche de solutions communes (voir tous mes articles sur la confrontation). Elle veille à ne décider qu'en dernier recours.
- L'arrogance et le mépris de l'autre sont "interdits" dans l'entreprise. Ceci veut dire que personne ne peut prétendre à lui seul avoir raison (partialité des interprétations individuelles) et que, a priori, chacun parie sur la compétence et la qualité des autres.

Voilà un socle qui peut permettre aux individus de s'investir positivement dans leur travail, se sentir "en confiance" dans leur travail, et donc pouvoir avoir envie d'eux-mêmes de mener au mieux les tâches dont ils ont la responsabilité (par eux-mêmes et avec les autres)

Le Blog de Paule Orsoni a dit…

Merci pour cet éclairage...Et j'aime à espérer que le "mépris "et l'"arrogance" ne soient pas de mise.Pourvu que le Dieu de l'entreprise vous entende!!!Et bonne continuation dans ce voyage maritime

chria a dit…

Bonjour
je voulais juste dire avant de regarder la vidéo et de manière superficielle qu'en Allemagne c'est quelque chose qui m'a frappé : les gens ont confiance en général en l'autre, et dans les commerçants, parce que ceux-ci n'ont pas comme principe de toujours chercher à entuber le client. Ainsi le rapport qualité/prix est excellent.
Comme un virus, la confiance se propage dans la société et tout le monde en profite. De même, la méfiance se propage aussi quand on commence à se dire, puisque lui arnaque l'autre, alors pourquoi pas moi ? S'il le fait, je vais le faire. Ça c'est la France.
Confiance/méfiance, deux chemins qui ne mènent pas au même résultat, mais alors pas du tout. Et en France on a du boulot.

 
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