30 juil. 2010

29 juil. 2010

IL FAUT POURTANT SAVOIR SORTIR DE SON LANDAU

Se mettre à marcher n'est pas une décision raisonnable

« A neuf mois, dans son landau, il est le roi. Tout serait parfait, si l'on n'attendait pas qu'il se mette à marcher.
Comme ce n'est pas une décision anodine, il s'est lancé dans une étude approfondie :
- Les premières semaines, il ne maîtrisera pas son équilibre. Or tomber fait mal.
- Ensuite, il aura à affronter des interdits multiples. Pourquoi marcher si l'on ne peut pas reconfigurer l'installation informatique de Papa ?
- Enfin, il devra sortir dans le monde extérieur, un monde hostile où il fait, tour à tour, froid ou chaud, où traverser une rue est un challenge, où des écoles vous attendent.
Son choix est fait : il restera dans ce landau. (…)
Est-il raisonnable de se mettre à marcher quand on voit tous les périls auxquels on aura à faire face ? Pourtant, il va bien falloir le faire, non ? On ne peut pas rester immobile, tétanisé dans son landau.
De même, au moment d'évaluer une stratégie, il faut développer suffisamment de paranoïa pour identifier les ruptures majeures improbables, mais il faut ensuite savoir se décider à agir et choisir les risques que l'on va accepter de courir. »(1)

(1) Extrait des Mers de l'incertitude p.130-131

28 juil. 2010

DESTROY MY OWN STRATEGY

Attention aux cygnes noirs

« On a donc identifié des mers accessibles, sélectionné celles qui correspondaient aux savoir-faire de l'entreprise et pour lesquelles des voies d'accès multiples étaient possibles, et prévu quelles actions immédiates pouvaient enclencher le mouvement. Tout semble prêt pour se lancer en avant.
Oui, mais que va-t-il se passer si survient un cygne noir, une rupture majeure improbable ? Quelles seront les conséquences ? La stratégie retenue va-t-elle voler en éclat, tous les accès à la mer visée étant coupés ?
A la fin des années 90, inquiet de la montée en puissance d'Internet et de toutes les dot.com, Jack Welch, alors Président-Directeur Général de General Electric, avait lancé une grande action appelée « Destroy your own business ». Il s'agissait pour chaque manager de concevoir comment, grâce à Internet, il pouvait mettre en péril le business existant dont il avait la charge. Ceci avait pour but de tester la solidité de la stratégie actuelle de General Electric, et aussi d'identifier de nouvelles opportunités.
Il faut faire de même : avant de choisir sa stratégie, il faut avoir essayé de la détruire pour tester ainsi sa résilience. »(1)

(1) Extrait des Mers de l'incertitude p.126

27 juil. 2010

DU MBA AU MBU : ADMINISTRER OU COMPRENDRE ?

L'art du management serait-il d'administrer des recettes toutes faites ?

Dans le nirvana des diplômes internationaux, les MBA, ces "Master of Business Administration", planent au-dessus du lot. Ils sont devenus la référence absolue, une sorte de Saint Graal pour tout cadre voulant passer à la catégorie dirigeant.

Sans entrer dans l'analyse du contenu de ces MBA, ni vouloir remettre en cause la pertinence de ces formations, je trouve très symptomatique cette appellation « Administration ».
Entendue depuis le sens du mot en français, elle renvoie à des références pour le moins surprenantes : est-ce à dire que le management moderne cherche ses références dans l'Administration ? Ou alors que l'art du management est celui d'administrer des médicaments ou des suppositoires ?
Entendue depuis le sens du mot en anglais, elle renvoie à la gestion de ce qui existe : diriger serait alors celui de simplement gérer au mieux, le bon manager étant un bon administrateur ? Cela suppose-t-il que l'entreprise doit être mathématisée pour pouvoir être comptée et additionnée ?

Je sais bien sûr que les MBA ne tombent pas dans ces caricatures, mais il n'est pas innocent d'avoir choisi ce nom. Ne serait-il pas préférable de les appeler des MBU, « Master of Business Understanding » ?

Car, dans ce monde de l'incertitude et de la complexité, être un bon dirigeant, c'est sentir les mers qui attirent les évolutions, imaginer les chemins pouvant réunir le présent et ce futur, trier parmi les activités actuelles celles qui concourent à se rapprocher de cette mer, développer une culture alliant confiance et confrontation, permettre à l'entreprise de décider et évoluer efficacement…
Réussir repose alors d'abord sur la capacité à comprendre en profondeur, et bien peu sur celle d'administrer…

26 juil. 2010

LE COURAGE D’UN SEUL PEUT TOUT DYNAMITER

Beaucoup plus qu'une comédie italienne sur le coming-out

Tout démarre banalement sous le soleil d'une petite ville d'Italie du Sud : joie d'agapes familiales autour d'une table joyeusement arrosée, plaisir des parents, de la grand-mère et du frère de retrouver le jeune Tommaso étudiant à Rome. Puis conversation entre Tommaso et Antonio, le frère aîné : pour échapper au poids de son père et à la fabrique de pâtes familiales, Tommaso va annoncer, à l'occasion du dîner du lendemain, son homosexualité. Antonio le regarde, interloqué mais sans être choqué.
Le dîner arrive et tout bascule : Antonio coupe l'herbe sous les pieds de son jeune frère pour avouer en premier… son homosexualité.
S'ensuit une comédie à l'italienne autour de l'acceptation ou non par cette famille bourgeoise, et un rien « confite », de l'homosexualité de ses fils. A un moment, on a même droit à des scènes qui s'inséreraient sans problème dans un nouveau remake de la Cage aux folles (notamment un verre cassé n'est pas sans rappeler le bris de la biscotte…)

Mais ce film est bien plus qu'une farce et un plaidoyer pour le droit des gays à vivre comme ils l'entendent – ce qui ne serait déjà pas si mal ! –, car ce coming-out à double détente va servir de révélateur aux différentes vérités ou vies cachées. On assiste à un effeuillage qui semble sans fin des heurs et malheurs de chacun : l'amour et la fugue finis en impasse de la tante, la perte jamais comblée d'une mère, des sexualités incertaines et surtout l'amour caché de la grand-mère qui n'avait pas épousé le « bon frère »…
Tout finit dans un ballet métaphorique où chacun se mêle à l'autre, découvrant et acceptant ce qu'il est vraiment, ce sous les yeux du pyromane, Tommaso, qui les regarde à distance.

Nous sommes ainsi, chacun de nous, trop souvent prisonniers des vies que nous n'avons pas voulu ou pu vivre, de ces moments que nous avons laissé échapper, de ces mensonges que nous avons laissé se construire. Nous ne savons plus regarder le réel tel qu'il est, mais nous ne le voyons qu'au travers du prisme de l'histoire, la nôtre comme la leur. Soyons disponibles à ces moments de rupture, ces failles, ces coming-out soudains et imprévus et servons-nous en revisiter notre compréhension du monde.
Le titre français du film joue dans la superficialité n'évoquant que le déclencheur, « le Premier qui l’a dit ». Le titre original est, comme souvent, bien meilleur et beaucoup plus évocateur de la vraie profondeur du film : « Mine Vaganti » soit « les Mines Errantes ». En effet, les mots de Tommaso et la liberté de ses mouvements vont faire sauter, au hasard des croisements, les défenses installées. Et aussi toutes nos lâchetés sont autant de mines qui ne demandent qu’à sauter au premier geste malheureux. Alors mieux vaut lâcher prise...

Parfois en poussant la porte d'un cinéma, on croise un grand film. C'est ce qui m'est arrivé ce vendredi dernier...

21 juil. 2010

LE FUTUR COMMENCE AUJOURD’HUI

Être précis et détaillé à court terme

« Autant l'horizon à moyen et long terme est flou, car masqué par le jeu combiné des incertitudes environnantes, autant l'avenir immédiat est planifiable : les ressources de l'entreprise, tant qualitatives que quantitatives, sont connues ; l'évolution du marché et des attentes des clients sont analysables ; les positions des concurrents le sont aussi. Il reste bien sûr des aléas – on ne peut pas savoir à l'avance ce que va faire tel ou tel concurrent, un accident peut survenir dans telle ou telle usine… –, mais ils peuvent être cernés et probabilisés : on est en deçà de l'horizon du flou. Nous sommes dans l'horizon des plans d'action et du budget.
Comment cet horizon se raccorde-t-il avec celui du long terme ? Comment les plans d'actions se relient-ils avec le chemin qui doit conduire à la mer ?

La liaison entre les deux est simple, et peut être illustrée au travers du jeu de go.
Au début de la partie, un joueur de go a en tête un dessin qu'il va chercher à mettre en œuvre et qui oriente ses choix. Ce n'est pas une forme précise, ce dessin est surtout un dessein. Il se focalise ensuite sur ce qu'il peut faire. Pion après pion, il cherche à construire l'ensemble le plus résistant à toute attaque. Puisqu'il ne peut pas savoir ce qui va se passer, ce qui lui importe est la solidité de ce qu'il fait. Le dessin qu'il avait initialement en tête prend donc forme progressivement, chaque fois qu'il pose un pion.
Il ne se préoccupe pas vraiment de son adversaire, ou, du moins, pas tant que cela ne vient pas interférer dans son propre dessin. Il sait quels sont les actes qui pourraient faire s'effondrer son projet, les pions dangereux porteurs de ruptures futures majeures. Il sait qu'il ne gagnera que par l'effet et la puissance de la forme qu'il a dessinée, et par la pertinence de ses actes. Comme un attracteur qui attire les pions, son dessein se dessine petit à petit. Il y a donc un lien étroit entre ce qu'il vise et chacun de ses actes : chaque pion doit le rapprocher de ce qu'il vise. »(1)

(1) Extrait des Mers de l'incertitude p.123-124

20 juil. 2010

SI ON SE MET DANS LA DIFFICULTÉ DÈS LE DÉPART, ON N’ATTEINDRA JAMAIS SA MER

C'est parce que le monde est incertain qu'il faut choisir la facilité

Comme le chemin sera long et difficile, il faut choisir la facilité pour avoir une chance d'arriver au bout.


19 juil. 2010

CHOISIR LA FACILITÉ

Les saumons meurent au bout de leur course

« Les stratèges chinois ont développé une apologie de la facilité. Ne nous trompons pas : cela ne veut pas dire qu'aucun effort, aucun travail ne seront nécessaires. Non, cela signifie que toute action pour être efficace doit prendre appui sur la configuration du terrain, qu'elle doit être amplifiée et relayée par les forces naturelles. A l'inverse, il est inutile et illusoire de penser que l'on peut lutter contre le cours des choses.
C'est ce qui amène Sun Tzu à dire que le grand général est celui qui remporte des victoires faciles. Laozi prolonge en disant que « le bon général a si bien su détecter le potentiel de situation, a si bien su favoriser les facteurs favorables, que, quand il engage enfin le combat, eh bien, oui, c'est " facile" »

Les saumons sont un exemple de courage et de volonté. Pour aller pondre là où ils sont nés, ils sont capables de trouver leur chemin dans l'océan, puis de remonter le courant des rivières. Rien ne les arrête et ils peuvent remonter même les chutes d'eau. Vraiment, ils ne choisissent pas la facilité. Et, dès qu'ils sont arrivés et ont libéré leurs œufs, ils meurent…
Comme un fleuve, la voie vers la mer doit « couler de source », elle doit prendre appui sur la géographie de l'entreprise : les tendances de fonds de la situation actuelle ; les savoir-faire de l'entreprise, sa position, son histoire, ses hommes ; ceux de la concurrence actuelle et potentielle… Notamment si la position concurrentielle est trop défavorable, inutile de viser cette mer, car cela ne sert à rien d'y arriver après les autres. »(1)

(1) Extrait des Mers de l'incertitude p.120

13 juil. 2010

COMMENT UNE ENTREPRISE PEUT-ELLE CHOISIR SA MER ?

Y a-t-il un chemin entre ce que je suis aujourd'hui et ce point du futur ?




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